VIDÉO - Affaire de pédophilie dans la Nièvre : "Des fessées aux enfants, c'est pas méchant", se défend une mère mise en examen

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TÉMOIGNAGE - Une des mères de famille mises en examen dans la vaste affaire de pédophilie et de maltraitance en Bourgogne-Franche-Comté s'est livrée au micro de LCI. Elle nie les faits qui lui sont reprochés à elle et son mari et ne reconnaît que des "fessées".

"On nous a accusés pour agression sexuelle sur nos enfants et d'autres enfants, mais c'est pas du tout vrai", prévient d'emblée sur le pas de sa porte, Nathalie, une des mères de famille mises en examen dans une vaste affaire de maltraitance et de pédophilie dans la Nièvre. Huit personnes sont soupçonnées d'agressions sur mineurs, deux frères de 8 et 4 ans et deux frères de 9 et 4 ans. Parmi ces agresseurs présumées : les parents des enfants, dont Nathalie et son mari Gilbert.


Les cinq enfants de Nathalie, 38 ans, sont aujourd'hui tous placés en famille d'accueil ou en centre. Mais elle l'assure, si on lui a retiré ses enfants "d'abord les deux grands, puis les deux autres et là le dernier", c'est surtout pour des "on dit" et des conditions de "logement insalubre". 


Les accusations révélées ces derniers jours concernent ses deux plus jeunes enfants, des accusations "graves", souligne la mère. "Apparemment, c'est les enfants qui auraient parlé", confie celle qui nie avoir réalisé ou même vu des attouchements, et encore moins de viols. 


Elle pointe du doigt un ancien ami ("apparemment, il y eu des choses que le papa a fait sur le petit") mais martèle qu'elle ne fait que répéter les accusations et que ni lui, ni aucun autre accusé dans cette affaire "n'ont jamais rien fait", tout du moins "devant elle". 


Elle-même ? "La pédophilie ? Je ne suis pas d'accord avec ça", se justifie-t-elle, "je ne ferais pas ça sur mes enfants, alors je ne vois pas pourquoi je le ferais sur d'autres". "J'ai la conscience tranquille, je n'ai rien à me reprocher". Son mari Gilbert ? "Ça fait depuis l'âge de 18 ans que je le connais, je le connais assez pour vous dire qu'il n'est pas capable de faire ça." Et s'il est déjà passé par la case prison, c'était "pour drogues", tient-elle à souligner.

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Affaire de pédophilie dans la Nièvre : "Moi j'ai la conscience tranquille", raconte l'une des mères de famille

Elle avoue cependant avoir reconnu "des torts" face aux forces de l'ordre. Lesquels ? "Mettre des fessées aux enfants, c'est pas méchant", nous répond-elle simplement. "Ce ne sont pas des coups à les matraquer." Les huit adultes sont pourtant accusés de 70 infractions dont "privation d'aliments", "violences aggravées", "corruption de mineurs", "viols". Son plus jeune fils aurait "dit qu'il ne mangeait pas", nous raconte-t-elle. Des accusations qu'elle ne comprend pas : "Même quand on est en galère, on trouve à manger." 


Alors comment expliquer toute cette affaire ? Selon elle, ses enfants pourraient les accuser par vengeance : "Est-ce qu'ils nous en veulent pour quelque chose ?" questionne-t-elle. Un axe de défense que soutient également leur avocat.


Comme les deux autres femmes mises en examen dans cette affaire, Nathalie a pu regagner son domicile. "Les femmes sont libres sous contrôle judiciaire", explique le vice-procureur de Nevers, Paul-Édouard Lallois à LCI. "Les faits qui leur sont reprochés ne sont pas de nature criminelle mais correctionnelle." La mère de famille a pour obligation de "pointer" une fois par semaine, "d'ailleurs, il faut que j'y aille cet après-midi", lâche-t-elle.


Les faits se seraient déroulés entre 2010 et 2017. Depuis mai 2017, les enfants ont été placés, mais Nathalie "les voi(t) toujours", elle a un droit de visite en présence d'un éducateur. Elle évoque le fait de porter plainte si les agressions sexuelles et viols à l'encontre de ses enfants sont avérés. Mais, dit-elle, dans le même temps, "ils ne m'ont jamais dit quoi que ce soit".

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