"Cet acte horrible me fait mal au coeur" : l'émotion avant la marche blanche pour le chauffeur de bus agressé à Bayonne

"Cet acte horrible me fait mal au coeur" : l'émotion avant la marche blanche pour le chauffeur de bus agressé à Bayonne
Police

DRAME - Après avoir été roué de coups dimanche, Philippe Monguillot se trouve en état de mort cérébrale. Une marche blanche est prévue ce mercredi 8 juillet au soir pour soutenir le conducteur de bus de 59 ans et sa famille.

Philippe Monguillot, un chauffeur de bus de 59 ans, exerçant à Bayonne (Pays basque), marié et père de trois filles de 18, 21 et 24 ans, a été roué de violents coups de pieds et de poings dimanche, alors qu'il voulait contrôler le ticket d'un passager et exigeait le port du masque pour les trois autres qui l'accompagnaient. Les quatre hommes ont laissé le chauffeur inconscient sur le trottoir avant de prendre la fuite. Puis d'être mis en examen pour tentative d'homicide volontaire et écroués. A la demande de la famille, une marche blanche s'élancera depuis le lieu du drame, l'arrêt de bus "Balichon", jusqu'à l'hôpital, où il se trouve en état de mort cérébrale, ce mercredi 8 juillet à 19h30. TF1 s'est rendue sur place, où l'émotion est considérable.

Une initiative de ses collèges

"Bayonne est une belle ville... C'est vraiment très surprenant. On n'a pas l'habitude d'avoir des choses comme ça ici. Les gens vivent ensemble, il n'y a pas trop de problèmes. C'est un drame qui a surpris tout le monde", témoigne Christophe Heguy, gérant de l'imprimerie ID Repro, dans la zone Saint-Frédéric, qui a gracieusement imprimé les tracts d'appels à cette marche. Face à la tragédie, tous les Bayonnais se décrivent ainsi comme une communauté soudée.

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Cette marche, ce sont les collègues de Philippe Monguillot,  qui ont exercé leur droit de retrait lundi matin et assuré qu'ils ne reprendraient pas le travail "avant les obsèques", qui l'ont appelée de leurs voeux, soutenus ensuite par la Mairie. "Il y a de l'émotion, du recueillement. On essaie de poser un peu tout ça, de reprendre un peu nos esprits... La priorité, c'est vraiment de  faire cette marche aujourd'hui, et de lui rendre un dernier hommage", affirme l'un d'eux, Jean-Philippe Paulmier, délégué syndical CFDT-Keolis dans l'agglomération bayonnaise.

Je connais la gravité de son état, je sais quelle est l'issue mais je n'arrive pas à en prendre conscience- Véronique Monguillot, son épouse

Dans le quartier du "Balichon", les habitants restent également émus. "Tout le monde se connaît ici, c'est pour ça que ses collègues parlent d'un copain. C'est plus que quelqu'un avec qui on travaille, c'est quelqu'un que l'on fréquente", explique, pour sa part, Dominique Le Fort, gérant d'un restaurant juste derrière l'arrêt de bus. "Bien sûr que je vais participer à la marche. Je connaissais un peu le chauffeur, il était très humain, avec tout le monde. Cet acte horrible me fait mal au coeur", appuie une passante, croisée sur les lieux de l'agression.

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Véronique Monguillot, épouse de Philippe, confie, elle, à TF1 : "Je l'ai toujours en face de moi, quoi que je fasse, où que j'aille, il est là, de toute manière. Je le vois partout et... Je ne sais pas comment mes filles et moi on va vivre demain, dans une semaine, dans un an, mais je n'arrive pas à me dire que je ne le verrai plus. Je connais la gravité de son état, je sais quelle est l'issue mais je n'arrive pas à en prendre conscience." A 19h30, au début de la marche à Bayonne, tous les réseaux de transports du pays sont appelés par une intersyndicale à s'arrêter pour une minute de silence.

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