Vitre anti-agression, pédale d'alarme... quelles sont les protections pour les chauffeurs de bus ?

Vitre anti-agression, pédale d'alarme... quelles sont les protections pour les chauffeurs de bus ?
Police

SECURITE - Comme le drame de Bayonne vient de le rappeler, les conducteurs de bus vivent quotidiennement avec le risque d'être agressé. Quel dispositif pour les protéger ? Reportage en Seine-Saint-Denis.

Insultes, crachats, menaces de mort... Et parfois, des coups très violents, comme ceux dont a été victime, dimanche à Bayonne, Philippe Monguillot, désormais en état de mort cérébrale. Les chauffeurs de bus sont, depuis plusieurs années, régulièrement exposés à des agressions de différents types, de la part des passagers. Avant Bayonne, il y avait eu, à la mi-juin, Hellemmes (Nord), où un conducteur a été frappé par un individu refusant d'éteindre sa cigarette. En Seine-Saint-Denis, ces problématiques sont même quotidiennes. TF1 s'y est rendu pour savoir quels dispositifs existent pour protéger les chauffeurs.

Une pédale secrète

En 2015, après une vague d'agressions déjà particulièrement alarmante, des caméras de surveillance ont été installées dans tous les bus, pour identifier immédiatement les fauteurs de trouble. "Vous en avez une à l'avant, une au milieu, au niveau de la porte, et une autre qui filme le fond. Tout le bus est couvert", indique Kada Zenaski, chauffeur exerçant en Seine-Saint-Denis.

Lorsqu'il se trouve au volant, le conducteur peut relever une épaisse vitre en plexiglas dite "anti-agression", et communiquer avec ses collègues ou sa hiérarchie via un système radio, comme dans un véhicule de police. Surtout, il dispose, à gauche de l'embrayage, d'une petite pédale secrète permettant de donner l'alerte instantanément, en toute discrétion.

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Prévention et médiateurs

Si l'on appuie dessus, cette pédale silencieuse fait retentir aussitôt une sonnerie au centre de commandement. "A ce moment-là, on entend ici ce qui se passe dans le véhicule et nous décidons immédiatement des mesures à prendre, comme l'envoi des forces de l'ordre ou des secours", détaille Jérôme Garnier, directeur général de TRA Transdev, la société de transport chargée de la desserte de la Seine-Saint-Denis.

En parallèle, et pour éviter d'en arriver à l'ultime recours d'une intervention policière, le transporteur du département mise beaucoup sur la prévention, à travers la présence de médiateurs, des salariés formés à la gestion de crise, disséminés sur les lignes de bus pour prévenir les incidents ou désamorcer des conflits. 

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Un "nouveau sentiment de sécurité"

Depuis 2018 s'ajoutent, dans certains secteurs jugés à risque, 34 agents de sécurité privé, mobilisables à tout moment. "On voit les effets aujourd'hui, dans la baisse du nombre d'atteintes aux personnes depuis deux ans, mais aussi à travers un nouveau sentiment de sécurité", se réjouit Philippe Jouve, directeur sûreté et lutte contre la fraude chez Keolis.

Agents et médiateurs ne sont toutefois pas le lot de tous les départements, dépendants des moyens alloués par les collectivités locales pour leurs lignes de bus. Aujourd'hui, en écho du drame de Bayonne, les syndicats de transport réclament unanimement plus de présence humaine sur le terrain. Partout en France.

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