Vidéo d'un homme frappé par des policiers près des Champs-Elysées : une plainte déposée

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POLICE - Un jeune homme a été violemment frappé samedi soir par des fonctionnaires de police près des des Champs-Elysées où s'étaient rassemblées des dizaines de personnes solidaires des Gilets jaunes. La victime présumée de ces actes, Medhi K., a décidé de porter plainte. Le parquet a ouvert une enquête et l'IGPN a été saisie.

Des images vues des milliers de fois dans l'Hexagone et à l'étranger. Une vidéo reprise dans plusieurs médias notamment britanniques... Les quelques secondes de violences immortalisées samedi à l'aide d'un téléphone portable rue de Berri (8e) à quelques mètres de rassemblement des Gilets Jaunes ont fait le tour des réseaux sociaux et alimentées les sites Internet. 

Sur celles-ci, on peut voir un homme poursuivi par plusieurs hommes en bleu, casqués, tonfa (matraque utilisée par les forces de l'ordre, ndlr) à la main pour certains. Au nombre de trois d'abord, puis quatre, puis cinq, et finalement huit, ils tabassent l'individu au sol. Coups de pied, coups de poing ou de matraques, l'individu à terre n'est pas épargné.... 

La victime déclare avoir vomi du sang dans le car de police

A nos confrères du Monde, Medhi K. étudiant domicilié à Belleville selon lui, déclare qu'il se trouvait près des Champs-Elysées avec "son ami" pour "regarder" ce qu'il avait vu "aux informations". "Je voulais filmer un peu avec mon téléphone", dit-il. 

"Du coup j'étais en train de filmer. Je faisais que filmer ce qu'il se passait. Les gens, ils cassaient les vitrines, ils brûlaient les voitures tout ça, poursuit-il. Ensuite, il y a des 'gyros' qui ont commencé à débouler de partout. J'ai couru avec un groupe. On a tous commencé à courir. On s'est fait bloquer par une voiture. J'ai fait marche arrière. Quand j'ai fait marche arrière, derrière il y avait d'autres voitures et tous ceux qui étaient entre la première voiture et la dernière voiture, ils sont tous partis dans des coins. Il y en a qui se sont cachés dans des bâtiments. Certains sont partis à droite, d'autres à gauche… Après, je n'ai senti que de coups venir… Et après je ne me souviens de rien."  

Le jeune homme déclare ensuite que "dans le car de police" il s'est mis à "vomir du sang". "C'est quand je me suis mis à vomir du sang qu'ils ont appelé les pompiers, qu'ils ont vu que c'était vraiment dangereux. Ils ont appelé les pompiers et ils m'ont ramené à l'hôpital."

Plainte contre X pour "violences aggravées"

Selon nos informations, une plainte a été envoyée ce lundi par courrier au procureur de la République de Paris pour "violences volontaires ayant entraîné une infirmité permanence aggravées par les circonstances que les faits ont été commis avec usage ou menace d'une arme par des personnes dépositaires de l'autorité publique dans l'exercice de leur fonction agissant en réunion".  L’assignation vise huit fonctionnaires, "qui semblent être des gendarmes des forces mobiles", selon Me Bouzrou, avocat de la victime. 

Le conseil de Medhi K. indique par ailleurs au procureur dans la plainte que "plusieurs vidéos ont été prises par des passants et diffusées sur les réseaux sociaux." Selon le témoignage de la victime, appuyée par les images, celui-ci aurait reçu une vingtaine de coups environ, notamment au visage. "Ces coups ont été portés avec les mains, les pieds et avec des matraques," peut-on lire dans la plainte.

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Me Bouzrou fait savoir indique que Mehdi K., a été hospitalisé à la suite de ces violences et présente notamment de graves lésions à l’œil gauche. Il a été opéré à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière.

La vidéo la plus relayée sur les réseaux sociaux ne permet pas, quant à elle, de savoir les faits et gestes de la victime avant qu'elle ne soit poursuivie et frappée à plusieurs reprises. Plus troublant, le site CheckNews (Libération) met en doute le fait que Mehdi K. soit la victime de ces violences. Le média s'appuie sur d'autres vidéos de la scène, ainsi que sur le témoignages de plusieurs passants. Contacté par LCI, Me Bouzrou indique "qu'il reste dans sa mission d'avocat, celle de défendre une personne victime de violences".

De son côté, le parquet de Paris a ouvert lundi une enquête du chef de violences par personne dépositaire de l’autorité publique. L'IGPN, police des polices a été saisie. 

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