Vidéo de dealers à Grenoble : une policière s'installe au cœur de la cité

Une vidéo mettant en scène des dealers armés en plein jour dans la cité Mistral à Grenoble avait fait se déplacer le préfet de l'Isère fin août. Quelques jours plus tard, un rappeur prétend qu'il s'agissait d'un clip musical où selon lui, tout est faux.
Police

REPORTAGE - Chaque semaine, la directrice de la police de l'Isère délocalise son bureau dans le quartier du Mistral. Fabienne Lewandowski espère ainsi mettre un terme au sentiment d'impunité qui anime les trafiquants de drogue de cette cité populaire. Le mois dernier, ils ont diffusé un clip montrant des hommes armés surveillant un point de deal.

Depuis la fin du mois d'août, deux fois par semaine, la directrice de la police de l'Isère, Fabienne Lewandowski, délocalise son bureau dans l’une des grandes tours blanches du quartier du Mistral à Grenoble. A chaque fois, le rituel est le même. Elle commence par placarder un  grand poster de la police nationale sur l’une des fenêtres de l’appartement où elle se trouve, comme pour adresser un message aux riverains. 

Une manière aussi de mettre en garde les délinquants. "Chaque fois que nous somme là, le trafic de drogue est perturbé. Les chouffes (les guetteurs, ndlr) ne peuvent pas se mettre en place. Les clients, eux, hésitent à venir pour s’approvisionner. Et c’est justement le but recherché", explique-t-elle au micro de TF1.

La tentation est forte quand on vous propose 2.000 euros par mois à 13 ans pour faire le guet.- Mustapha Aouragh, éducateur à la retraite et président d’un collectif d’habitants.

L'initiative, une première en France, fait suite à l'emballement politico-médiatique lié à la diffusion fin août d'un clip de rap montrant des hommes armés dans un point de deal de ce quartier populaire de la préfecture de l'Isère. La mission de Fabienne Lewandowski ne se limite pas à un acte de présence. Elle organise aussi régulièrement des entretiens avec les habitants. L’occasion de recueillir leur sentiment sur la situation de la cité. Pour l’instant, elle en a rencontré une dizaine, en les recevant dans son bureau ou en se rendant à leur domicile.

Mais la tâche est ardue. "Ces organisations criminelles achètent le silence d’un certain nombre d’habitants, par différents biais. C’est quelque chose qu’il est difficile de changer", souligne Fabienne Lewandowski, qui admet que cette expérimentation "ne réglera pas le problème". 

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Dans ce quartier populaire de 3.000 âmes, le revenu médian est en effet de 770 euros par mois. C’est plus de deux fois inférieur à la moyenne nationale. "Alors, forcément, la tentation est forte quand on vous propose 2.000 euros par mois à 13 ans pour faire le guet", constate Mustapha Aouragh, éducateur à la retraite et président d’un collectif d’habitants. Fabienne Lewandowski prévoit malgré tout de poursuivre l'expérimentation, en changeant régulièrement de quartier.

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