Gilets jaunes : à quoi servent les blindés de la gendarmerie face aux manifestants ?

Police
MAINTIEN DE L'ORDRE - Pour la manifestation des Gilets jaunes, ce samedi 8 décembre à Paris, la préfecture de police a recours à une douzaine de véhicules blindés de la gendarmerie, déjà mobilisés sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes mais jamais dans la capitale. Le 1er décembre, de tels véhicules avaient été prépositionnés dans des casernes mais pas utilisés.

Edouard Philippe l'avait confirmé jeudi soir sur le plateau du 20H de TF1 : "une douzaine de véhicules blindés" à roues de la gendarmerie sont déployés ce samedi 8 décembre à Paris, alors que l'Elysée craignait des manifestations "d'une grande violence" dans les rues de la capitale. Il s'agit d'une première pour une opération parisienne de maintien de l'ordre.


Si le ministère des Armées exclut le renfort de l'armée pour les opérations de maintien de l'ordre car "ce n'est pas sa mission" ni sa "formation, la venue de ces "véhicules blindés à roues de la gendarmerie" (VBRG) est le signe d'une situation d'exception. Ces véhicules, disponibles au nombre de 70 dans toute la France, ont en effet plusieurs fonctions : dégager la chaussée d'éventuelles barricades quand ils sont équipés d'une "lame", protéger les forces de l'ordre de jets de projectiles, voire de tirs à l'arme à feu, mais aussi lancer du gaz lacrymogène.

Utilisés sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes

"Depuis 1975, le VBRG équipe la gendarmerie mobile. Ce véhicule blindé protège des tirs d'armes légères d'infanterie à 100 mètres. Il est spécialement utilisé lors des opérations de rétablissement de l'ordre et peut être également engagé dans des opérations de contre-terrorisme, en opérations extérieures voire en défense opérationnelle du territoire", peut-on lire sur le site de la gendarmerie nationale. "Il possède des équipements lui permettant le contre-tir sous tourelle, le tir de grenades lacrymogènes sous tourelle, la diffusion de gaz lacrymogène à partir de l'engin, la projection de lumière face à un adversaire ou en appui d'une unité au contact. Il permet d'emporter un groupe de militaire de la gendarmerie mobile en configuration maintien de l'ordre ou combat."


Les précédentes utilisations des VBRG sont récentes : le démantèlement de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. dans une interview à Ouest France en juillet 2018, le général Lizurey, directeur général de la Gendarmerie nationale, affirmait qu'"avec Notre-Dame-des-Landes, c'est la première fois depuis qu'ils existent qu'ils sont sortis en métropole pour du maintien de l'ordre". Le général indiquait que ces blindés avaient permis de démonter les "210 barricades au total", dont certaines en feu, qui entouraient le site du futur aéroport, depuis abandonné.

Les blindés déjà prépositionnés samedi 1er décembre dans des casernes parisiennes

Selon une source gouvernementale à LCI, de tels blindés avaient déjà été prépositionnés dans des casernes parisiennes, samedi 1er décembre. Mais leur utilisation n'avait jamais été évoquée. Le général Lizurey avait expliqué pourquoi, lors de son audition par la Commission des lois de l'Assemblée, le 3 décembre : "Il n'apparaissait pas utile d’engager à ce stade les véhicules blindés", arguait-il alors, car "les véhicules blindés à roues doivent être engagés dans des situations particulières, face à des tirs directs sur les troupes – cela permet de progresser sous le blindage – ou pour pousser un certain nombre de barricades qui auraient pu être installées". 

"D'habitude, on les utilise pour des missions de secours, comme lors de chutes de neige. Jusqu'à présent, on les mettait en réserve mais c'est la première fois qu'on les a engagés réellement. Or ça fait 45 ans qu'ils existent. Outre-mer, en revanche, on les utilise régulièrement; on a par exemple une composante blindée extrêmement importante en Nouvelle-Calédonie parce que les VBRG permettent de dégager les routes avec leur lame", précisait le chef des gendarmes. 


Le véhicule a également été utilisé à l'extérieur du territoire français, précise le site de la gendarmerie : "Il a été engagé avec succès en opérations interarmées, au Kosovo, où il s'est distingué en rétablissement de l'ordre et en République de Côte d'Ivoire où il s'est notamment distingué dans les phases d'évacuation de ressortissants".

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