VIDÉO - Gilets jaunes : des policiers échappent au lynchage sur les Champs-Élysées, les images décryptées

Police
ULTRA-VIOLENCE - Des motards de la police nationale ont été pris à partie par des manifestants sur les Champs-Élysées, samedi à la tombée de la nuit. L'un d'eux a dégainé son arme pour tenir la foule à distance. Pourquoi ont-ils lancé une grenade lacrymogène vers la foule ? Les policiers étaient en situation de légitime défense ? Nous avons décrypté ces images.

La scène dure moins d'une minute. Elle est d'une violence inouïe. Et se termine heureusement sans aucun blessé. Peu après 17h30 samedi à Paris, quelques centaines de manifestants - dont beaucoup en Gilets jaunes - déambulent sur les Champs-Elysées. Les canons à eau sont à nouveau de sortie.  


Soudain, la situation se tend. Des individus, visage cagoulé, se sont greffés aux manifestants. Des policiers positionnés au début de l'avenue George-V, à l'angle des Champs-Élysées sont appelé pour intervenir sur un mouvement de foule. 

Pourquoi avoir jeté une grenade lacrymogène ?

Le policiers sont appelés sur ce mouvement de foule et choisissent d'utiliser une grenade lacrymogène pour maintenir les manifestants à distance et contribuer à la dispersion de la foule. "Ce n’est pas une provocation. Ils ont jeté une grenade pour tenir à distance ces voyous et ces casseurs qui, de toute façon seraient venus au contact, grenade ou pas", assure sur TF1 Rocco Contento, secrétaire département Paris unité SGP Police FO. De fait, la manoeuvre fait l'effet inverse. Non seulement la foule ne se disperse pas. mais la grenade est renvoyée par des manifestants accompagnée de plusieurs projectiles. 


Sur les images de la vidéo, les agents essuient des jets de projectiles dans un premier temps. Tout s’enchaîne très vite. Un motard est frappé  à l'aide d'un porte-voix. Un second assaillant le frappe à coup de poing.  Le motard, tombé à terre, tente de se relever tant bien que mal. C'est alors qu'un troisième collègue, venu à sa rescousse, sort son arme de service. L'arme est exhibée pendant 2 secondes dans le but de maintenir la foule à distance. Le policier la range rapidement sans en avoir fait usage. Les policiers prennent ensuite la fuite, abandonnant une des trois motos, poursuivis par une horde d'individus violents.

 

Une autre vidéo (voir ci-dessous), plus longue et prise sous un autre angle, laisse elle aussi transparaître  l'extrême tension de la scène. Une scène qui, selon nos informations, n'a donné lieu à aucune interpellation pour l'instant. 

Légitime défense ?

Le policier qui décide de sortir son arme était il en situation de légitime défense ? "Ce qui est visé, c’était l’intégrité physique des policiers, estime l'avocat Franck Liénard sur TF1 Dans ce cas, lorsqu’il y a infériorité numérique, des projectiles dangereux pour leur intégrité et qu’ils risquent d’être blessés très gravement, le déploiement d’un moyen létal est légitime." Un point de vue largement partagé par les syndicats de police dès hier soir. Le syndicat Unsa-Police a ainsi dénoncé  "une tentative de lynchage sur les Champs-Elysées", soulignant par voie de communiqué "la maîtrise et le sang froid des trois policiers motocyclistes alors qu'ils étaient en situation de légitime défense". 


"L'Unsa-Police exige que tout soit mis en oeuvre pour que les auteurs soient identifiés, recherchés, interpellés et sanctionnés lourdement."

Des "attaques inqualifiables" selon Castaner

"Nos forces de l'ordre ont été odieusement prises pour cible par des individus face auxquels elles ont réagi avec sang-froid et professionnalisme", a déclaré le secrétaire d'Etat Laurent Nuñez quelques heures après.

Enquête ouverte

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a lui aussi réagi, considérant que les policiers avaient eu "une attitude exemplaire face à des attaques inqualifiables".  Le parquet de Paris a annoncé  dimanche l'ouverture d'une enquête pour "violences volontaires" commises contre  des policiers. Confiée au 1er district de la police judiciaire parisienne, l'enquête porte  sur des "violences volontaires avec arme en réunion sur personnes dépositaires  de l'autorité publique et dégradations de biens publics", a précisé le parquet,  sans plus de détails.

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