"Il sautait sur elle comme sur un trampoline" : féminicide de Cagnes-sur-Mer, le témoignage glaçant d'une voisine

Police

FAIT DIVERS – Deux jours après la découverte du corps sans vie d’une jeune femme dans une impasse de Cagnes-sur-Mer dans les Alpes-Maritimes, une mère de famille raconte qu’elle avait alerté la police avant qu’il ne soit trop tard. La victime âgée de 21 ans est décédée après avoir été frappée à de multiples reprises. Son compagnon, principal suspect, a été interpellé dimanche et placé en garde à vue. Il nie être l'auteur des violences.

Probablement le 100e féminicide au 243e jour de l’année… Samedi dernier, une jeune fille âgée de 21 ans a été retrouvée morte sous un tas de déchets et de branchages, dans une impasse près d’une voie ferrée à Cagnes-sur-Mer (Alpes-Maritimes). C’est un riverain qui a alerté la police, après avoir vu un pied dépasser d’un amas de détritus.

Le compagnon de la victime, âgé de 26 ans et considéré comme le principal suspect, a été interpellé dimanche et placé en garde à vue. Il se trouvait toujours ce lundi face aux enquêteurs de la Sûreté départementale de Nice chargée des investigations. Il nie être l'auteur des violences et a prétendu "avoir quitté les lieux après la dispute", indique le parquet de Grasse. "L'expertise psychiatrique à laquelle il a été soumis n'a révélé aucune pathologie mentale", ajoute le parquet qui précise que le jeune homme présente un casier judiciaire vierge." Sa garde à vue a été prolongée de 24 h.

Dans le même temps, une voisine du couple livre ce jour un témoignage édifiant à France Bleu. Cette mère de famille indique en effet à nos confrères qu’elle avait alerté les forces de l’ordre des violences commises par cet homme sur sa petite-amie afin qu’elles interviennent. Les policiers se sont rendus sur place, avant de quitter les lieux sans rien noter semble-t-il d’étrange…

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"Il sautait sur elle comme sur un trampoline"

"Il l'a battue à mort, il sautait sur elle comme sur un trampoline", raconte la mère de famille à la radio. Elle-même a tenté d’intervenir avec son fils pour mettre fin aux coups, avant qu'ils ne soient menacés par le meurtrier présumé qui aurait notamment prétendu être armé. 

"J'étais en contact avec la police, je leur expliquais tout en leur disant 'Mais là c'est fini ! Mais vous êtes où ? Je la vois plus, elle est morte cette petite, elle est morte !", ajoute-elle. Très éprouvée, elle poursuit : "Ils sont partis en nous disant 'Non non, il n'y a rien'. Il n'y a rien... Ils n'ont retrouvé le corps que le lendemain". Le calme était revenu, en effet, car la jeune femme avait été battue à mort, et son corps caché non loin de là sans que personne ne s’aperçoive de rien, avant le lendemain… 

Inaction et délai trop long

Cette femme qui a souhaité garder l’anonymat ne comprend pas pourquoi personne d’autre qu’elle et son fils n’est intervenu pour porter secours à la jeune femme dont les cris de douleur et de détresse ne pouvaient, selon elle, passer inaperçus. "Si moi j'ai entendu, tout le monde a entendu ! Surtout les voisins du dessous, qui donnent sur le trottoir... Tout le monde a les fenêtres ouvertes. Je n'arrive pas à m'expliquer que les gens ne soient pas intervenus. Il y a eu aussi deux jeunes à moto qui sont passés, ils ont vu les premières actions... Personne n'a fait quoi que ce soit ! Il y a eu non-assistance à personne en danger’, confie-t-elle à nos confrères. 

Elle s’étonne également du délai d’intervention des forces de l’ordre. Selon les informations de France Bleu, "la police explique que le délai d'arrivée sur place varie en fonction des autres interventions en cours et du temps que met la personne qui reçoit l'appel à joindre la patrouille la plus proche. De plus, les agents dépêchés sur place pensaient trouver des personnes en train de se disputer violemment, voire de se battre, mais n'ont pas envisagé le fait qu'il puisse falloir chercher un corps." 

Rassemblements pour dénoncer ce 100e féminicide

Dimanche, à Paris, une centaine de militantes du collectif #NousToutes se sont rassemblées dans la soirée place du Trocadéro à Paris pour dénoncer "le 100e féminicide de l'année", alors que s'ouvre mardi le "Grenelle" destiné à lutter contre les violences conjugale. 

Ce lundi, à 19 heures, le collectif "Tous Citoyens" organise un nouveau rassemblement à la gare de Cagnes-sur-Mer pour dénoncer les violences faites aux femmes et rendre hommage à la jeune victime. 

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