Chambéry : un homme meurt lors de son expulsion, l’IGPN saisie

Police

ENQUÊTE - Une enquête a été ouverte par la police des polices après la mort mercredi 3 juillet d’un homme au moment de son expulsion, à Chambéry, en Savoie. La victime, décrite comme "très énervée" par le parquet, a fait un arrêt cardiaque.

Mercredi 3 juillet à Chambéry (Savoie), un homme d’une cinquantaine d’années est mort, victime d’un arrêt cardiaque alors qu'il faisait l'objet avec sa famille d'une tentative d'expulsion. La police des polices a été saisie après ce décès, en lien avec une "dysfonction cardiaque" d’après l’autopsie, qui n’a relevé "aucune trace de coup ou de violence".

Les policiers s'étaient présentés avec un huissier et un serrurier en début d'après-midi dans ce petit HLM de trois étages. Il y avait déjà eu "deux vaines tentatives" d'expulsion les 3 et 14 juin, en vertu d'une décision judiciaire d'octobre dernier, a précisé le parquet de Chambéry jeudi soir dans un communiqué. 

La famille occupait l'appartement "sans droit ni titre" depuis de nombreux mois, souligne le communiqué, et le père de famille "avait refusé toutes les propositions de logement qui lui avaient été faites depuis son arrivée à Chambéry au mois d'août 2017, choisissant de s'installer dans cet appartement inoccupé". "Il avait également refusé l'aide des services sociaux et la famille était suivie par le Juge des Enfants de Chambéry. Il s'était déjà montré menaçant à plusieurs reprises envers le personnel du bailleur social et des travailleurs sociaux", insiste le parquet.

"Menaçant"

Quand les policiers arrivent, "aucun incident n'est à déplorer" avec l'épouse. Mais Lakhdar B. se présente ensuite, "très énervé", "se montre insultant et menaçant envers l'huissier", et "se blesse en brisant une vitre", selon la même source. Il est interpellé et conduit menotté dans le dos par les policiers vers leur voiture, dans une grande confusion selon des témoins, dont Simone, une voisine octogénaire qui a déclaré à l'AFP "avoir encore dans les oreilles les cris abominables" du père et d'une de ses filles.

Or, selon d'autres témoignages recueillis par la presse, M. B. souffrait de problèmes cardiaques connus du voisinage et en avait déjà avisé les policiers. D'autres affirment l'avoir signalé à ces derniers au moment des faits, ce qui n'apparaît pas dans la procédure selon une source proche de l'enquête. Selon Simone, l'épouse lui avait confié l'année dernière que son mari était "très malade" du coeur.

L'enquête sera "longue"

Sur une vidéo d'un témoin obtenue par RTL, M. B. a été sorti du bâtiment pratiquement les genoux à terre, porté par deux policiers. On ne peut pas déterminer sur ces images s'il est déjà inanimé ou seulement réticent à son interpellation. "Il ne voulait pas marcher, les policiers ont dû le porter", assure leur supérieure Lætitia Philippon, directrice départementale de la Sécurité publique de la Savoie. En tout état de cause, relate le parquet, "quelques instants plus tard il était pris d'un malaise dans le véhicule et décédait malgré les tentatives de réanimation des policiers et des secours".

Les enquêteurs de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) de Lyon ont commencé jeudi matin l'enquête ouverte par le parquet pour recherche des causes de la mort, qui s'annonce "longue".

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La femme de la victime et ses enfants - trois d'entre eux âgés d'environ 4 à 10 ans étaient présents dans le logement - n'ont pas assisté au décès, a assuré Mme Philippon. La voisine a mentionné qu'un quatrième enfant, grand prématuré, se trouvait en couveuse à l'hôpital.

Selon le parquet, Mme B. et ses enfants ont été "immédiatement pris en charge et logés dans un foyer", tandis que les policiers feront l'objet d'un suivi psychologique selon leur supérieure. Cette dernière a qualifié cette affaire de "drame terrible pour la famille et de choc important pour les policiers".

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