VIDEO - L'empreinte olfactive, un futur outil pour confondre les criminels ?

Faire de l'empreinte olfactive une preuve judiciaire. C'est l'objectif à terme d'un programme de la gendarmerie dans ses locaux à Pontoise. Avec l'intelligence artificielle, d'ici quelques années, on pourrait distinguer chaque personne grâce à son odeur.
Police

FUTUR PROCHE - Cela ressemble à de la science-fiction mais dans un futur proche, les enquêteurs pourront résoudre des affaires criminelles, en analysant les odeurs laissées sur une scène de crime. Comment procèdent-ils ? Où en est la technologie ? On vous explique.

D'ici quelques années, l'expression "crime parfait" pourrait bien être obsolète. Des chercheurs français de l'IRCGN (Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale) à Pontoise, travaillent sur un programme tout à fait novateur et plein de promesse pour la résolution des crimes. Ces derniers étudient l'empreinte olfactive. L'idée est de pouvoir identifier un criminel grâce à l'odeur laissée sur la scène de crime. Cette odeur, comme pour l'ADN, lis la prélèvent et la comparent aux différents profils présents dans une base de données. 

Objectif : capturer l'odeur, l'analyser et la comparer

Première étape : capturer l'odeur du suspect grâce à un simple morceau de plastique polymère de quelques centimètres. "On va le mettre dans une cartouche que l'on va ensuite utiliser avec une pompe de prélèvement et les molécules vont ensuite venir se coller sur ce bout de plastique", explique le capitaine Vincent Cluzuel, chercheur à l'IRCGN. Problème, l'odeur ne reste dans l’atmosphère que quelques heures. 

Alors pour contourner le problème, ces experts de la gendarmerie ont mis au point une autre technique : prélever l'odeur et l'analyser à l'aide d'une machine qui endosse le rôle de "nez artificiel". A partir d'un objet tenu par une personne, cette machine recense et traduit les quelques 15.000 molécules d'une odeur en graphique : "chaque tache est une molécule caractéristique d'une odeur". Chaque signature olfactive est unique et rien ne permet de la modifier, pas même le stress, ni votre parfum. 

Une technologie utile dans d'autres domaines

A terme, l'idée de cette empreinte olfactive est de devenir une preuve judiciaire. Comment ? En exploitant "une trace criminalistique qui est encore inexploitée au niveau du laboratoire, et proposer un outil supplémentaire aux magistrats et aux enquêteurs", explique Guillaume Cognon, directeur du programme à l'IRCGN. Une technologie qui pourrait constituer une avancée importante dans le monde judiciaire mais pas seulement. 

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A l'institut Curie et à l'hôpital Foch, on s'est inspiré de ces travaux. "Ils se sont dit que si on pouvait identifier un individu, pourquoi ne pas détecter spécifiquement une personne grâce à son odeur, pour un cancer, afin de pouvoir accompagner avec un traitement, voir si le cancer est toujours présent ou pas, voire le détecter au préalable. Ce serait une méthode complémentaire à ce qu'ils pratiquent à l'heure actuelle", détaille le général Patrick Touron, commandant du pôle judiciaire de la gendarmerie nationale. Cette technologie, mise au point après huit années de recherches, a placé la France en pointe dans ce domaine. Et grâce à l'intelligence artificielle, ce programme devrait permettre d'ici quelques années de distinguer chaque personne grâce a son odeur. 

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