VIDÉO - Le Mans : violents affrontements entre forains et forces de l'ordre, la mairie évacuée

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TENSIONS - Plusieurs centaines de forains se sont opposés aux gendarmes mobiles dans le centre-ville du Mans ce lundi. Depuis quatre jours, ils manifestent contre une nouvelle implantation de leurs manèges en périphérie du Mans.

De voies de train et des axes routiers bloqués, des affrontements entre forces de l'ordre et manifestants dans le centre-ville. Le Mans a de nouveau connu de vives tensions ce lundi entre forains et gendarmes mobiles. Des affrontements ont éclaté à proximité de l'hôtel de ville, où les forces de l'ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants. 


C'est la quatrième journée de mobilisation des forains, qui réclament de pouvoir continuer à travailler dans le centre-ville et qui accusent la municipalité de "discrimination". Entre 300 et 500 personnes issues de la communauté des forains s'étaient rendues dans le centre-ville ce lundi tôt, avant d'être repoussées par les gendarmes mobiles positionnés autour de la mairie.

Casqués, masqués, cagoulés, les manifestants étaient venus munis de battes de baseball, de frondes et de masques à gaz. La situation a rapidement dégénéré en échauffourées: des manifestants ont enflammé une caravane qu'ils ont jetée en direction des forces de l'ordre qui ont procédé à des tirs de grenades de désencerclement pour disperser les manifestants.

Protestations contre une nouvelle implantation des manèges à la périphérie du centre-ville

Les violences ont poussé les services de la mairie à évacuer l'Hôtel de Ville "directement visé par les forains qui veulent tout détruire", a indiqué le Maire socialiste Stéphane Le Foll dans un communiqué. Les forains protestent contre une nouvelle implantation de leurs manèges à la périphérie du centre-ville. Refusant une proposition du maire qui prévoyait d'organiser une "fête foraine hors du périmètre du centre-ville", ils avaient annoncé leur intention de paralyser lundi la ville du Mans.

On a appelé à un combat local, malheureusement, ils ont tous les droits et nous on n'en a pas"Norman Bruch, du syndicat des forain Cidunati

Ils ont lancé leurs premières actions dès 6 heures du matin, mettant le feu à des containers et des pneus. Ils ont aussi placé un camion en travers de la chaussée devant un tunnel bloquant l'accès à l'hypercentre. "On a appelé à un combat local, malheureusement, ils ont tous les droits et nous on n'en a pas", a déclaré à l'AFP Norman Bruch, du syndicat des forains Cidunati. "La question est de nourrir les 65 familles de forains pendant trois week-ends. Si on enlève votre salaire du jour au lendemain, vous ne seriez pas content", a souligné Norman Bruch.


"On veut régler l'avenir de la fête foraine pour signer un compromis, on est prêt à renégocier", a assuré ce forain. "On va faire un courrier avec deux enveloppes, à Emmanuel Macron et Edouard Philippe, et demander une table-ronde", a indiqué M. Bruch. Stéphane Le Foll a, de son côté, dénoncé la "violence insurrectionnelle inacceptable" dans laquelle "ont basculé les forains".

Bataille rangée

"Les syndicalistes du Cidunati (syndicat des forains, NdlR) ont perdu la raison. Il n’y a plus aucun respect ni des institutions, ni des personnes. L’état de droit est directement mis en cause par les syndicalistes", a réagi le maire qui "demande à l’Etat d’assurer la protection de la mairie". Au terme d'une demi-heure de bataille rangée avec les gendarmes, la place de la mairie baignait dans une épaisse fumée noire et un nuage de lacrymogène. Un manifestant a été blessé à la jambe dans les affrontements.

La gare du Mans paralysée durant une heure

L'autoroute A11, bloquée en partie dans la matinée, a pu rouvrir partiellement ont indiqué la préfecture et le groupe Vinci. Mais les occupations de voies ferrées se poursuivaient. Vers 11 heures, une centaine de forains, nombreux à être venus des Hauts-de-France, ont envahi la gare du Mans. Assis en bordures de voies, ils ont bloqué la circulation des trains, agitant un drapeau tricolore et arborant des panneaux sur lesquels était écrit "c'est la fête" ou "je ne veux pas perdre ma vie à la gagner".


D'autres manifestants se dirigeaient avec des camions-plateaux vers l'autoroute, ou partaient rencontrer des Manceaux dans le centre, tandis qu'un camion servant de QG restait stationné près de la cathédrale. Vendredi, les forains étaient entrés dans la gare du Mans et avaient bloqué les voies et le trafic ferroviaire durant environ une heure.

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