VIDÉO - Manifestation du 11 janvier : comment un projectile a-t-il pu exploser à la fenêtre d'un appartement lyonnais ?

VIDÉO - Manifestation du 11 janvier : comment un projectile a-t-il pu exploser à la fenêtre d'un appartement lyonnais ?
Police

Toute L'info sur

Les grèves contre la réforme des retraites d'Emmanuel Macron

FRAYEUR - Samedi à Lyon, en marge de la manifestation contre les retraites, des étudiants affirment avoir reçu un morceau de grenade lacrymogène dans leur appartement situé au 4e étage alors qu'ils filmaient le cortège. La vidéo de l'incident a été visionnée plus de 1,5 million de fois. Une enquête a été ouverte par le parquet.

Une grenade lacrymogène a-t-elle été envoyée intentionnellement dans un appartement situé au 4e étage ? Et si oui, pourquoi et par qui ? En marge de la manifestation contre la réforme des retraites samedi 11 janvier à Lyon, un groupe d'étudiants était en train de filmer le face-à-face tendu entre les manifestants et les forces de l'ordre depuis la fenêtre de leur logement, au croisement de la rue de la Barre et de la rue Bellecordière, tout près de la place Bellecour, où était réuni le cortège. 

"On a commencé à filmer parce qu'il commençait à y avoir beaucoup de monde dans la rue, beaucoup de manifestants. Une altercation a commencé entre les manifestants et la police", raconte Lamri Harad à TF1, à propos de la vidéo postée sur Twitter et visionnée plus de 1,5 million de fois en quelques heures. Puis quelques minutes plus tard, un projectile incandescent jaillit et entre dans l'appartement, situé en hauteur. Vincent, atteint par le galet, raconte à son tour : "Un projectile m'est arrivé ici, au niveau de la poitrine. Je n'ai pas compris ce que c'était au tout début. On a vite reculé des fenêtres, parce qu'on avait peur". L'engin atterrit dans l'appartement, qui finit par être envahi par la fumée. "On a commencé à pleurer, la gorge brûlait, et on est sorti de l'appartement", poursuit Lamri.

Une plainte déposée, une enquête ouverte

Une question se pose : d'où venait le projectile ? A-t-il été lancé par les forces de l'ordre ou des manifestants ? Et s'agit-il bien d'une grenade lacrymogène ? Une des hypothèses esquisse la possibilité d'un tir de grenade lacrymogène effectué par un policier dans une direction proche de l'immeuble. En l'air, le dispositif se disloque en sept galets, l'un d'entre eux pourrait avoir atteint le logement des étudiants. 

Deux des cinq occupants de l'appartement affirment avoir porté plainte "pour violences volontaires et dégradations volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique".  Une enquête a été ouverte et confiée au pôle du commandement discipline et déontologie de la Direction départementale de la sécurité publique (DDSP). Devant la polémique, la Police nationale du Rhône avait justifié ce tir par la nécessité de "disperser des manifestants hostiles". Et d'ajouter : "Si un tir a pu toucher accidentellement le balcon d'un immeuble, il n'y a eu aucune velléité de l'atteindre. Aucun blessé n'est à déplorer". 

Lire aussi

Le 1er décembre 2018, en marge d'une manifestation des Gilets jaunes à Marseille, Zineb Redouane avait été gravement blessée au visage par un tir de grenade lacrymogène alors qu'elle fermait la fenêtre de son appartement situé au 4e étage d'un immeuble de la cité phocéenne. Transférée en urgence à l'hôpital, l'octogénaire était décédée le lendemain d'un arrêt cardiaque au bloc opératoire. 

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter

Alertes

Recevez les alertes infos pour les sujets qui vous intéressent