Sécurité intérieure et terrorisme : qu'est-ce qu'une "fiche S" ?

Sécurité intérieure et terrorisme : qu'est-ce qu'une "fiche S" ?
Police

DÉCRYPTAGE - A l'instar de l'auteur présumé de la fusillade de Strasbourg, mardi 11 décembre, plusieurs individus auteurs d'attentats en France ces derniers mois faisaient l'objet d'une "fiche S" émise par les services de renseignement. Qu'est-ce que cette fiche S ? A quoi sert-elle ? Eléments de réponse.

Khamzat Azimov, l'auteur de l'attaque au couteau à Paris le 12 mai-, Radouane Lakdim, le terroriste qui a commis les attentats dans l'Aude le 23 mars, l'auteur présumé des tirs dans le centre-ville de Strasbourg... comme d'autres avant eux, ces individus faisaient l'objet d'une "fiche S", pour "sûreté de l'Etat".

Qui peut faire l'objet d'une "fiche S" ?

Cette "fiche S" est émise par les services de renseignement pour toute personne ayant un comportement potentiellement à risque et chez qui on a repéré une idéologie dangereuse. Il peut donc s'agir de personnes radicalisées, notamment islamistes, mais aussi de personnes liées à des mouvances politiques d'extrême gauche ou d'extrême droite, comme des skinheads, ou encore des hooligans. Les personnes concernées ne sont évidemment pas prévenues qu'elles sont fichées.

A noter qu'il ne n'agit pas d'un fichier pénal. Les personnes qui figurent sur une "fiche S" n'ont donc pas forcément été condamnées – c'est même le cas de la grande majorité d'entre elles.

Quels sont les éléments qui figurent sur une "fiche S" ?

Tout d'abord évidemment l'identité de la personne et son parcours. Parmi les autres éléments, un barème est établi pour établir la conduite et le protocole à tenir en cas de contrôle par les forces de l'ordre. Ce barème va de 1 à 16.

Que permet une "fiche S" ?

Elle permet de lancer notamment des enquêtes judiciaires, avec écoutes téléphoniques et filatures contre la personne qui en fait l'objet.

Combien y-a-t-il de "fichés S" ?

Au total, environ 20.000 personnes feraient actuellement l'objet d'une "fiche S", dont 12.000 sont radicalisées ou en voie de l'être. Parmi elles, 4000 individus sont considérés comme "problématiques". Mais à peine une dizaine sont surveillés 24 heures sur 24, à base de filatures et d'écoutes téléphoniques. Chaque dossier mobilise alors une vingtaine de policiers ou de gendarmes. Les autres "fichés S" sont évalués au cas par cas.

Qui a accès aux "fiches S" ?

Ces "fiches S" sont classées secret défense. Elles sont donc uniquement aux mains des services de renseignement et de police ou de gendarmerie. Depuis la série d'attentat qui a touché plusieurs villes de France, les maires demandent d'y avoir accès. Une circulaire signée le 13 novembre 2018 par Christophe Castaner peut désormais - dans certains cas précis - leur permettre d'avoir accès à des informations sur les citoyens radicalisés de leur commune.

D'autres politiques exigent que les "fichés S" soient arrêtés, de façon préventive. Ce serait contraire à la loi pour deux raisons : simple outil de renseignement, la "fiche S" ne figure pas dans le code pénal. Ensuite, la plupart des "fichés S" n'ont jamais eu de problèmes avec la justice. Même s'ils sont activement surveillés et suspectés, la présomption d'innocence prévaut.

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