VIDÉO - Une enquête ouverte après que deux policiers ont recouvert la tête d'un mineur avec un sac en tissu

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VIOLENCES POLICIÈRES - Une vidéo, publiée par Mediapart, montre l'interpellation en mars 2019 d'un adolescent par des policiers en civil, ces derniers couvrant la tête du mineur de 15 ans d'un sac en tissu. Une enquête judiciaire est ouverte.

Un mineur de 15 ans, qui avait eu la tête recouverte d'un sac en tissu par des policiers lors d'une arrestation par erreur en mars à Paris, a porté plainte pour violences, a appris mercredi 8 mai l'AFP. Une enquête judiciaire est en cours, selon plusieurs sources concordantes.


Une annonce qui fait suite aux révélations, mercredi 8 mai par Mediapart, d'une vidéo de cette interpellation, qui s'est déroulée le 9 mars dans le XXe arrondissement de la capitale. Sur les images, l'adolescent apparaît la tête recouverte d'un sac blanc, menotté et maintenu contre le mur dans la rue par des policiers en civil.

Violences verbales et physiques

Ce soir-là, l'adolescent "est accosté par un inconnu qui lui propose un billet de 50 euros en échange d’un sac à récupérer auprès d’un autre individu. Effrayé, le lycéen refuse cette proposition" et entre dans un fast-food où il rejoint des amis, rapporte Mediapart. Un récit confirmé à l'Agence France-Presse par l'avocat du garçon, Maitre Alexandre-M. Braun.


C'est alors que deux hommes "le contraignent à les suivre", "sans décliner leur identité", l'insultent, le frappent au visage et lui recouvrent la tête d'un sac en tissu, a rapporté l'adolescent au site d'information. Selon la préfecture de police citée par Mediapart, cet épisode s'est déroulé lors d'une opération visant à arrêter "en flagrant délit des auteurs d'un enlèvement-séquestration, suivi d'une tentative d'extorsion de fonds". Le jeune homme, mis hors de cause, avait été relâché le soir même.

Plainte déposée

Il a ensuite porté plainte contre les policiers. Une enquête a été ouverte le 26 mars pour "violences par personne dépositaire de l'autorité publique" et confiée à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), a confirmé mercredi 8 mai le parquet de Paris. "Ce dossier soulève une question importante: combien d'affaires similaires ne sont jamais révélées, faute d'avoir eu la chance d'être filmées ?" a commenté Me Braun auprès de l'AFP.


"Mon client n'est pas dans une démarche vindicative, mais il a besoin que justice soit rendue", a ajouté l'avocat. "J'ai écrit à l'IGPN et au parquet pour leur dire que je tenais la vidéo à leur disposition, sans obtenir de réponse".

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