Vidéos filmant la mort d'un jeune homme à Paris : la mère de la victime dénonce la lenteur des enquêtes

Police

FAIT DIVERS - La maman de Louis, 26 ans, qui avait chuté du 6e étage de son immeuble rue de la Jonquière (XVIIe) avant de s'empaler sur un poteau, réclame justice. Isabelle Cellier s'étonne ainsi dans la presse que, neuf mois après les faits et les diffusions de vidéos sordides tournées par les caméras de la Préfecture de police de Paris et dans l'enceinte de l'Hôpital Beaujon dans les Hauts-de-Seine, rien dans les enquêtes en cours n'ait avancé.

Il y a le chagrin, la tristesse, le manque et l'impossible deuil. Neuf mois après avoir perdu son fils, Isabelle Cellier veut connaître les coupables et demande que justice soit faite. 

Le 27 septembre 2018, son fils Louis âgé de 26 ans avait chuté du 6e étage de son immeuble, rue de la Jonquière (XVIIe), avant de s'empaler dans un poteau . Des caméras de vidéosurveillance avaient filmé le moment où le corps du jeune homme s'était empalé sur le mobilier urbain. Secouru par les pompiers et toujours en vie, Louis avait été conduit après que le poteau a été scié, à l'hôpital Beaujon dans les Hauts-de-Seine. C'est là, au bloc opératoire de l'établissement accueillant des malades et des blessés, que de nouvelles images effroyables avaient été tournées. Un pompier de Paris retirait le poteau du corps du blessé, allongé nu sur une table d'opération... 

Les vidéos, tournées pour l'une dans une salle vidéo de la préfecture de police de Paris avec un smartphone filmant un écran  et pour l'autre, donc, à l'hôpital, ont été diffusées sur les réseaux sociaux et vues des milliers de fois avant d'être finalement, pour l'une au moins, retirée. Toutefois, on ne sait toujours pas à cette heure qui a filmé ces scènes insupportables. 

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Plusieurs plaintes

La plainte déposée par Isabelle Cellier pour connaître les circonstances de la mort de son fils a été classée sans suite par le parquet de Paris, qui a retenu la thèse du suicide. "En mars dernier, précise Le Parisien, elle a sollicité la cour d'appel pour obtenir la réouverture de l'enquête. Tout aussi intrigant : ni elle ni son avocate n'ont de nouvelles des plaintes qui avaient été déposées à Paris et à Nanterre (une des vidéos ayant été filmées aux urgences de l'hôpital Beaujon dans les Hauts-de-Seine) pour 'fabrication et diffusion de message à caractère violent ou de nature à porter atteinte à la dignité humaine'."

Une enquête pour "violation du secret professionnel" avait été ouverte quelques jours après les fait, concernant la vidéo filmée dans une salle de la Préfecture de Police. Elle a été confiée à l'IGPN, la police des polices. "Une autre enquête, ouverte une semaine plus tard par le parquet de Nanterre saisie par l'AP-HP (Assistance Publique-Hôpitaux de Paris) à propos de la vidéo de Beaujon y a été jointe. Ces deux enquêtes sont toujours en cours. Selon une source proche du dossier, celle concernant les 'vidéastes amateurs' de la Préfecture de Police, qui auraient été identifiés, est sur le point d'être bouclée", ajoutent nos confrères.

Reçue par le défenseur des droits

Le Parisien précise que la mère de Louis a été reçue par Jacques Toubon, défenseur des droits, pour que les choses avancent plus vite. "J'espère que tous les gens qui ont filmé pourront être identifiés. Je ne lâcherai pas", confie la maman au quotidien. 

Et de conclure : "J'essaie de ne pas être dans l'affect. Cette affaire, ce n'est pas le combat d'une mère dans la douleur. On est au-delà. Est-ce qu'on peut vraiment tout filmer, tout diffuser ? C'est un vrai problème de société."

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