Violences policières : pour rétablir la confiance, Macron veut généraliser les caméras-piétons

Violences policières : pour rétablir la confiance, Macron veut généraliser les caméras-piétons
Police

POLÉMIQUE - Pour Emmanuel Macron, les caméras-piétons doivent donc devenir la norme pour les policiers et les gendarmes. Une façon pour le chef de l'État de répondre aux récentes polémiques sur les contrôles au faciès.

En réponse aux accusations contre les forces de l'ordre, Emmanuel Macron a annoncé ce mardi que les agents porteront tous bientôt une caméra-piéton sur le terrain. Accroché à la poitrine, l'appareil sera activé à la discrétion des fonctionnaires. La caméra captera aussi bien l'image et le son. Elle pourra ainsi étayer la version des agents ou servir de preuve en cas de bavure sans témoin oculaire.

Ce dispositif existe depuis 11 ans. Né sous Brice Hortefeux alors ministre de l'Intérieur,  tous ses successeurs, de gauche comme de droite ont souhaité généraliser cet outil salué par la plupart des forces de l'ordre, mais dont l'application est laborieuse. 

Pas "la solution miracle"

Entre les récentes manifestations antiracistes en France et la polémique liée aux lanceurs de balles de défense (LBD), qui ont rendu éclopés de nombreux manifestants ces dernières années, la question des violences policières est au cœur du quinquennat Macron. Les caméras-piétons ? "C'est une bonne chose et c'était attendu", affirme un représentant des commissaires de police à LCI. "On est dans une période contestée", poursuit-il. "On est attaqués par l'image, il faut se défendre par l'image", assène-t-il. Plutôt bien accueillie par les policiers, cette décision de les équiper ne date pas d'hier.

Christophe Castaner avait annoncé en janvier 2019 l'installation de caméras-piétons pour les fonctionnaires dotés du très controversé lanceur de balles de défense (LBD). "La démarche est bonne. Il y a une prise de conscience que ces blessures sont graves. Cela peut avoir un facteur apaisant d'un côté comme de l'autre", avait estimé alors une source policière. La caméra-piéton n'est cependant pas "la solution miracle" avaient encore jugé des sources policières. C'est même "une vraie fausse bonne idée", pour Frédéric Lagache du syndicat Alliance.

La caméra doit être déclenchée avant l'action, et elle ne peut pas tourner 24h/24 car elle ne dispose que de 3 heures d'autonomie. "Dans une situation d'urgence de maintien de l'ordre, sur de la légitime défense, je ne sais pas comment le collègue déclenche la caméra", avait souligné Frédéric Lagache.

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En 2017, on comptait 2000 caméras-piétons sur le terrain. L'Etat en promet 11 000 en service d'ici à la fin de l'année. Avec près de 200 000 gendarmes et policiers en service, le rythme va devoir donc s'accélérer. 

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