10 bonnes raisons de retirer Twitter aux politiques

10 bonnes raisons de retirer Twitter aux politiques

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PASSION ARCHIVES - Marine Le Pen, qui a provoqué cette semaine un tollé en diffusant via son compte Twitter des photos d'atrocités commises par Daech, nous rappelle que le rapport des politiques au réseau social n'est pas toujours sans vagues... Revue de fails.

A vouloir être trop brillant, vous tweetez faux ! Une paraphrase de Jean Anouilh que nombre de politiques feraient bien d'intégrer dans leur bio Twitter, et surtout de garder en mémoire.

Religion pour les uns, outil de com' pour les autres… En moins de 10 ans d'existence, le réseau social a pris dans le débat politique une place inversement proportionnelle à la longueur des messages qu'il permet d'écrire. Voire trop de place. Offrant à nos élu(e)s un espace de liberté, et même de spontanéité, il a aussi libéré un potentiel insondable de fails. Ironies mal comprises, humour mal placé, dérapages... Rétrospective de ces moments gênants que nous ont offerts nos twittus politicus*, nous fournissant au moins 10 raisons de leur couper Internet :

Parce que trop de vide…
Premier travers de nos politiques quand ils s'expriment sur Twitter : reproduire les phrases creuses qui peuvent émailler leurs discours traditionnels. Sauf qu'en 140 signes, la vacuité de ces propos saute encore plus cruellement aux yeux :

…ou parce que trop de philosophie
Dans ce domaine, l'ancien ministre Pierre Moscovici est passé maître, à telle enseigne que ses tweets yodesques sont devenus un "meme", comme des haikus 2.0 que les internautes re-tweetent des années après leur diffusion, pour exprimer en toute occasion leurs pensées les plus profondes :

Parce que trop de gêne
Quand la vie privée fait irruption sur la place publique, les regards se détournent. Ce fut le cas le 18 août 2012 quand Lionnel Luca, ténor de l'UMP et vice-président du conseil général des Alpes-Maritimes, déclarait sa flamme à un(e) inconnu(e) qu'il invitait à "se préparer" dans un but mystérieux… La palme incontestée du DM-fail de politique revenant toujours à Eric Besson, pour son fameux "Avec toi ?" du 19 octobre 2011.

 

Parce que Valérie Trierweiler
Si l'ampleur des séismes provoqués par des tweets en politique devait avoir une échelle de mesure, on l'appellerait "l'échelle de Trierweiler". Le 12 juin 2012, quelques jours avant le second tour des législatives qui suivent la victoire de son compagnon à la présidentielle, la journaliste tweete depuis l'Elysée son soutien à Olivier Falorni, qui se présente à La Rochelle. La première dame vient tout simplement de désavouer publiquement la candidate officiellement soutenue par le Président (et accessoirement la mère de ses enfants), Ségolène Royal, qui sera battue par Olivier Falorni. Un tweet qui restera dans les annales de ce quinquennat.

Parce qu'on n'est plus des ados
Les twittos le savent bien : en réalité, le réseau social est envahi par les ados. Il n'est qu'à lire, pour s'en rendre compte chaque jour, les sujets les plus populaires qui y sont discutés. Dont acte. Mais quand les politiques se mettent à twitter comme des boutonneux naïfs, on dit stop.

Parce que Nadine Morano
Oui, Nadine Morano a perdu son investiture aux élections régionales. Et elle a peu de chances de gagner la primaire à droite en 2016. Mais si Twitter devait vraiment élire un(e) président(e), pas sûr que la "fille de l'Est" ferait chou blanc, tant ses perles font le bonheur des internautes...

Parce que la langue française
Say pa paskon est sur les internets kon est obliG de parlé comme des charretiers ! (d'ailleurs, c'est valable en anglais...)

Parce que la loi
Plus encore que l'orthographe, on s'attend certainement à ce que les politiques respectent la loi, même sur Twitter, surtout lorsqu'elle est électorale. Pourtant, lors des municipales de 2014, certains n'ont pas hésité à briser l'embargo de 20 heures pour diffuser prématurément des résultats…

Parce que la décence, quoi !
Il y a deux ans, Christine Boutin nous avait laissés sans voix en s'écriant, après l'annonce de la double mastectomie d'Angelina Jolie pour cause de risque cancéreux élevé : "
Pour ressembler aux hommes ? Rire ! si ce n'était triste à pleurer !" Cette semaine, c'est Marine Le Pen qui a élevé d'un cran encore le niveau d'indécence, en diffusant des photos atroces d'exécutions commises par Daech, afin de dénoncer des propos qu'elle attribuait à un journaliste. Suscitant la colère de la famille de James Foley, dont l'image de la décapitation, non floutée, a ainsi resurgi sur le réseau social. A pleurer...

► Parce que les adieux sont trop durs
La dernière raison pour laquelle il ne faut pas trop s'attacher aux politiques sur Twitter, c'est qu'ils peuvent parfois vous quitter sans prévenir. Comme ce sombre 8
mai 2012, quand le ministre de l'Intérieur d'alors, Eric Besson, décide d'un coup d'un seul de déserter le réseau. Depuis, il a opté pour un "retour sobre sur Twitter", avec ce clin d'œil : "Plus aucun DM fail. Plus de AvecToi ?" Comme quoi, un adieu n'est finalement bien souvent qu'un au revoir…

*Twittus politicus : Décryptage d'un média explosif, de Antoine Dubuquoy et Nico Prat (éd.Fetjaine)

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