10 mai 1981 : 40 ans après son élection, François Mitterrand reste un repère pour les sympathisants de gauche

10 mai 1981 : 40 ans après son élection, François Mitterrand reste un repère pour les sympathisants de gauche

SOCIALISME - Les 40 ans de l'élection de François Mitterrand à la présidence de la République seront commémorées lundi. À l'occasion, une étude Ifop pour la fondation Jean-Jaurès questionne le regard des Français sur leur ancien président.

Que reste-t-il de nos années Mitterrand ? Alors que l'on s'apprête à commémorer, lundi, les 40 ans de son élection, le fameux 10 mai 1981, une étude Ifop pour la fondation Jean-Jaurès s'intéresse au regard que portent les Français d'aujourd'hui sur l'ancien président de la République et son héritage. Une étude qui fait apparaître un regard contrasté, et relativement clivé, selon la sensibilité politique des personnes interrogées. 

Le principal enseignement de l'étude tient au fait que François Mitterrand continue d'incarner, pour les sympathisants de gauche et au-delà, la figure emblématique du socialisme contemporain. 

Le 3e président, derrière De Gaulle et Chirac

Selon cette étude, François Mitterrand arrive aujourd'hui en troisième position des présidents de la Ve République que les Français apprécient le plus, derrière Charles de Gaulle et Jacques Chirac, mais devant ses trois autres successeurs, Nicolas Sarkozy, François Hollande et Emmanuel Macron. 

Cette popularité est toutefois fortement clivée, puisque l'ancien chef de l'État reste particulièrement apprécié chez les sympathisants de gauche (58% le placent en tête), alors qu'il est l'objet d'un "rejet épidermique", selon les termes de la fondation Jean-Jaurès - constant depuis son double septennat - de la part des sympathisants de droite (6% seulement le placent en tête). Par comparaison, Charles de Gaulle est placé en tête par 63% des sympathisants de droite et 35% des sympathisants de gauche. 

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Un clivage générationnel aussi, puisque la "génération Mitterrand" - des Français de plus de 55 ans aujourd'hui - placent François Mitterrand en 2e position derrière Charles de Gaulle, mais devant Jacques Chirac. 

Sous plusieurs aspects, les personnes interrogées placent Mitterrand loin devant ses successeurs : sa culture (82% le placent en tête), son incarnation de la fonction présidentielle (deux tiers le placent en tête), mais aussi son lien et sa proximité avec les Français.

L'image du "stratège" perdure

Les Français ne semblent pas avoir oublié l'image qu'ils avaient de l'ancien président de son vivant. Les traits qui ressortent en premier lieu aujourd'hui sont ceux d'un "stratège" (64%), d'un "socialiste" (58%) et d'un "européen" (53%). La moitié des sondés retient ensuite sa "fidélité" à ses idées et sa "combativité"

"Toutefois", relève la fondation Jean-Jaurès, "une part minoritaire mais non négligeable des personnes interrogées marque une forme de distance avec l'ancien président socialiste, considéré à 44% comme 'hautain' et 'cynique'", des qualificatifs qui lui étaient, là encore, régulièrement attribués de son vivant et tout particulièrement à la fin de ses septennats. 

Certains qualificatifs comme "socialiste" ou "fidèle à ses convictions" se sont toutefois érodés avec le temps "comme si, chemin faisant, l'émotion de son décès avait laissé la place à un jugement qui fait désormais la part belle aux critiques, notamment de la gauche radicale ne se reconnaissant plus dans un socialiste réformiste", note la fondation. 

Les réformes sociales avant l'abolition de la peine de mort

Enfin, l'étude nous enseigne que les Français ne placent pas nécessairement l'abolition de la peine de mort, décision particulièrement marquante du premier septennat, en tête du bilan qu'ils retiennent de l'ancien président socialiste. Appelés à choisir entre les principales réformes engagées à l'époque, les personnes sondées placent en premier les réformes sociales. 

Ainsi, l'événement le plus marquant est la cinquième semaine de congés payés (52%), puis la retraite à 60 ans (51%), et dans une bien moindre mesure la semaine de 39 heures (31%), éclipsée sans doute par la réforme des 35 heures mise en place, 20 ans plus tard, par Lionel Jospin. L'abolition de la peine capitale n'est mentionnée que par 4 Français sur 10, alors qu'elle figurait en tête dans une enquête réalisée après la mort de François Mitterrand en 1996. 

Du second septennat Mitterrand, les Français retiennent moins de choses, si ce n'est la création du Revenu minimum d'insertion (RMI) sous le gouvernement Rocard, et la signature du traité de Maastricht en 1992, après un référendum où le "oui", soutenu par l'ancien président, l'avait remporté de justesse. 

Méthodologie : étude Ifop pour la Fondation Jean-Jaurès réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 6 au 7 avril 2021 auprès d’un échantillon de 1013 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. 

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