1000 emplois supprimés chez General Electric : pourquoi l'opposition est-elle vent debout contre le gouvernement ?

Politique

EMPLOIS - Le gouvernement a-t-il volontairement laissé passer les élections européennes avant que soit annoncée la suppression d'un millier d'emplois chez General Electric ? C'est ce que lui reproche l'opposition, alors que l'exécutif s'en défend.

General Electric a annoncé mardi 28 mai vouloir supprimer plus de 1000 emplois en France, principalement sur le site de Belfort. Une nouvelle épine dans le pied du gouvernement, quelques jours après la deuxième place de La République en marche aux élections européennes. D'ailleurs, l'opposition a très vite souligné le timing de l'annonce, s'étonnant que celle-ci ait été faite après le scrutin. 

Sur Twitter, Marine Le Pen a appelé les Français à "regarder en face les manœuvres de leurs dirigeants, dont les conséquences sociales sont cataclysmiques sur leurs emplois", retweetant un article du Figaro intitulé "1000 emplois supprimés par General Electric : l'histoire d'un piège américain et d'une trahison française". 

Sur Sud Radio, le député LR Julien Aubert a évoqué "un mensonge d'État, parce qu'on a un plan social qui survient après les élections". Comprendre : si l'annonce avait été faite avant les , les conséquences électorales pour la liste de Nathalie Loiseau auraient été nettement plus fortes. "On peut faire des moulinets comme le ministre de l'Economie actuellement en disant je crois à des solutions industrielles. La réalité c'est que nous avons bradé un joyau industriel", a accusé l'élu du Vaucluse.

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Du côté de la gauche radicale aussi, on s'étonne du calendrier. La nouvelle députée européenne LFI Manon Aubry estime que l'annonce de ces suppressions de postes "tombe opportunément après les européennes alors que Macron est le responsable direct de ce désastre et qu'un de ses proches est aux manettes du plan social", a-t-elle tweeté, en référence au patron de General Electric France Hugh Bailey, ancien conseiller d'Emmanuel Macron à Bercy.

L'insoumis Eric Coquerel a également dénoncé "cette catastrophe industrielle décidée par Macron" et a qualifié de "mensonges" les propos de la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye mercredi sur France Inter. Cette dernière a évoqué la situation de l'entreprise et expliqué la chute de la production de turbines à gaz sur le site de Belfort par "l'évolution de la société et la transition écologique". "Et les éoliennes marines dont GE s'apprête à arrêter la production c'est dépassé ?" a répondu le député.

"Ne laissons pas Sibeth Ndiaye faire croire que les suppressions d'emplois de Général électrique (sic) à Belfort seraient justifiées par des raisons écologiques. Archi faux!", a abondé la sénatrice Marie-Noëlle Lienemann, membre de la commission des Affaires économiques au Sénat.

Bercy se défend d'avoir été au courant

Ce mercredi sur franceinfo, la secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie Agnès Pannier-Runacher a nié que l'Etat ait été mis en courant de ces suppressions d'emplois avant les élections européennes par le directeur général de la branche française de GE Hugh Bailey, collaborateur du président de la République lorsque celui-ci était ministre de l'Economie et en ait demandé le recul de l'annonce. "On n'était pas plus au courant que les personnes concernées", a-t-elle assuré.

Mardi, le chef de l'Etat a affirmé que le gouvernement serait "extrêmement vigilant" et que "les engagements qui avaient été pris par General Electric devront être tenus". Après son rachat en 2015 de la branche énergie d'Alstom, GE s'était engagé à créer un millier d'emplois nets en France. 

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