157 migrants qui voulaient se rendre "visibles" ont été évacués du parc de la Villette à Paris

Politique

ÉVACUATION - 157 migrants qui campaient dans le parc de la Villette à Paris ont été "mis à l'abri" par les services de la préfecture. Installés depuis plusieurs jours, ils souhaitaient interpeller l'Etat sur leur situation.

Le camp de migrants installé dans le parc de la Villette a été évacué ce mercredi 28 août au matin. Les tentes étaient présentes depuis près d'une semaine sur ce site touristique parisien, selon l'AFP. 

Le lieu n'a cependant pas été choisi au hasard. L'opération, initiée par l'association Utopia 56, était un coup de projecteur sur la situation des migrants dans la capitale : "Les 1000 tentes présentes aux portes de Paris et les dizaines de familles à la rue ne suscitent plus la moindre indignation et font désormais partie du paysage nord parisien. Pour ne pas rester invisibles le long du périphérique et cantonnées dans un espace d’exclusion, ces familles ont décidé de s’établir dans un réel lieu de la vie parisienne, le parc de la Villette", explique l'organisation sur son site web.

A l'arrivée des services de la préfecture vers 7h45, des tentes étaient déjà rangées et certains migrants en situation irrégulière avaient quitté le campement de fortune. Les 157 personnes restantes, dont 63 enfants, aux statuts très variés (réfugiés, déboutés du droit d'asile...), ont toutes été emmenées, dans le calme, par cinq bus vers des hébergements d'urgence à Paris et en petite couronne. 

Des solutions d'hébergement à moyen terme auraient été trouvées selon Guillaume Schers, directeur de l'urgence chez France terre d'asile, association qui coordonnait l'opération avec la préfecture. 

L'opération de visibilité a "révélé les tensions autour de la question migratoire" et était surtout "emblématique" à défaut d'être de grande ampleur, a souligné le préfet d'Ile-de-France, Michel Cadot. Il a également rappelé que "plus de 15 000 personnes ont été mises à l'abri" depuis début 2019. 

Pour l'association Utopia 56, ce camp a permis "d'expliquer la réalité de la situation à nos concitoyens", affirme Yann Manzi, cofondateur de l'association. Du coup, "on va monter en gamme". Avec une nouvelle opération coup de poing ? "Pourquoi pas le château de Versailles", glisse-t-il.

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