17% de logements inoccupés à Paris : que proposent les candidats aux municipales ?

Près d'un logement sur cinq est considéré comme inoccupé dans la capitale.
Politique

ÉLECTIONS - Près de 232.000 logements sont considérés comme inoccupés à Paris, un chiffre en hausse selon l'Insee. Ce phénomène aggrave la pénurie de logements, thème central qui va rythmer la campagne des municipales dans la capitale.

Quel sort réserver aux appartements vacants dans la capitale ? Alors que la pénurie de logements s'impose à nouveau comme un thème central dans la campagne des municipales, plusieurs candidats ont d'ores et déjà abordé ce sujet crucial, mettant en avant des propositions avant tout fiscales. 

Malgré l'application d'une taxe sur les logements vacants et, à l'instigation de la mairie de Paris, d'une surtaxe de 60% ajoutée à la taxe d'habitation pour ce type de logements, la proportion de logements vides n'a cessé d'augmenter ces dernières années. On compte aujourd'hui, selon les données synthétisées par la mairie de Paris, près de 232.000 logements considérés comme inoccupés, pour moitié vacants, et pour moitié occasionnels ou bien servant de résidences secondaires. Cela représente 17% du parc de logements parisiens en 2016, contre 14,1% en 2011, d'après l'Insee. Par comparaison, Paris comptait en 2018 près de 250.000 demandeurs de logements sociaux, un chiffre également en hausse constante. 

Comment endiguer ce phénomène ? Plusieurs candidats ont récemment formulé des propositions. 

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Que dit Anne Hidalgo ?

Si Anne Hidalgo n'a pas encore annoncé sa candidature aux prochaines municipales, la maire de Paris, à l'origine de la surtaxe sur les logements vacants, s'est déjà exprimée sur ce sujet. Pour la municipalité, l'augmentation des logements inoccupés serait en partie liée à l'explosion des meublés touristiques dans le centre de la capitale. Les 41.000 résidences principales disparues en cinq ans seraient liées notamment à l'activité de la plateforme Airbnb dans les quartiers touristiques. Selon la mairie de Paris, le 4e arrondissement, en tête des secteurs les plus touchés, compte aujourd'hui 29,8% de logements vacants. 

Partant de ce diagnostic, Anne Hidalgo a émis l'hypothèse, le 23 septembre sur France Inter, de renforcer la régulation de ces meublés touristiques, déjà soumis à des critères précis. "Il faut aller plus loin, et peut-être même interdire Airbnb dans un certain nombre d'arrondissements parisiens qui n'en peuvent plus", a-t-elle jugé. Une proposition déjà formulée par son adjoint communiste au logement, Ian Brossat. 

Taxes et réquisitions

Ian Brossat, par ailleurs chef de file des communistes aux municipales, a lui aussi proposé une interdiction d'Airbnb, qui propose selon lui "une économie de prédation", dans le centre de la capitale. Il a également réclamé de nouveaux outils fiscaux pour lutter contre les logements vacants, l'actuel dispositif étant insuffisant selon les élus communistes. Ces derniers proposent ainsi d'augmenter de 300% la taxe sur les logements vacants. 

Les écologistes ont également porté des mesures pour lutter contre "la spéculation immobilière", en proposant notamment un gel des loyers durant cinq ans. S'agissant des logements vacants, le candidat David Belliard a défendu au conseil de Paris la mise en place d'un dispositif législatif pour "que la part des logements vacants ne dépasse pas 5%" du parc total de logement. Il plaidait aussi, "dans les zones tendues", pour le transfert aux communes du droit de réquisition de ces logements. 

La cheffe de file LFI aux municipales, Danielle Simonnet, porte une revendication similaire, visant à "exiger que la ville puisse avoir la compétence pour réquisitionner les locaux vides", mais aussi que la municipalité puisse fixer elle-même son loyer de référence. Des évolutions qui seraient soumises à un référendum d'initiative citoyenne local dans tous les arrondissements, a-t-elle fait savoir sur Sud Radio

Le candidat dissident LaREM Cédric Villani est sur une ligne assez proche s'agissant de la fiscalité. Le député de l'Essonne a déposé, le 4 octobre dernier, un amendement à l'Assemblée nationale proposant d'augmenter la surtaxe d'habitation sur les résidences secondaires inoccupées, afin de permettre de majorer la taxe d'habitation de 100% dans la capitale

Un "loyer fictif" pour les propriétaires

Autre candidat en lice, Gaspard Gantzer a proposé une autre formule, mardi 12 novembre sur Europe 1. L'ancien conseiller de François Hollande a suggéré d'instaurer "un loyer fictif" qui serait réclamé "aux propriétaires qui n'occupent pas leur logement depuis plus d'un an". Ce loyer serait du montant du marché, soit "30 euros du mètre carré". Ainsi, le propriétaire d'un appartement vide de 50 mètres carrés aurait à débourser, tous les mois, 1500 euros. Cette somme serait employée pour financer "la construction de logements, la rénovation de l'habitat et des résidences étudiantes", a-t-il vanté. "Il y aura un choc d'offre et on pourra contenir les prix de l'immobilier à Paris", a-t-il assuré. "C'est incitatif, pour permettre à chacun de choisir entre contribuer à la collectivité pour des opérations d'intérêt général, et remettre son bien sur le marché."

Serge Federbusch, le candidat soutenu par le RN, a proposé sur son site de campagne d'inciter, "par une baisse des droits de mutation et une période d'exonération significative des taxes, les propriétaires de bureaux vides à les transformer en logements pour les vendre". 

Le candidat LaREM Benjamin Griveaux avait, de son côté, estimé en septembre sur LCI que la taxe sur les logements vacants s'avérait "inefficace" à Paris. 

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Griveaux : "à Paris, il y a 17% de logements vacants"

"Vous savez, c'est la bonne vieille recette française où, quand vous avez un problème, vous créez un impôt et puis le problème va être résolu", avait-il jugé sur notre chaîne. "Résultat des courses, cinq ans après, vous avez plus de logements vacants qu'au début." Sollicitée par LCI sur ses propositions en matière de logements vacants, l'équipe de Benjamin Griveaux ne nous avait pas répondu mardi après-midi. 

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