Incident à la Pitié-Salpêtrière : accusé de "mensonge d'Etat" et de "fake news", Castaner sous le feu des critiques

Incident à la Pitié-Salpêtrière : accusé de "mensonge d'Etat" et de "fake news", Castaner sous le feu des critiques
Politique

1ER-MAI - Des personnalités publiques et politiques demandent au ministre de l'Intérieur de s'expliquer alors qu'il avait accusé des manifestants d’avoir "attaqué" l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, en marge du 1er-Mai. Une version remise en cause par des témoignages et des vidéos.

Le ministre de l'Intérieur parlait d’une "attaque" et d’une "agression". Il s’agit en fait d’une "tentative d’intrusion". Christophe Castaner est la cible de nombreuses critiques depuis ce jeudi 2 mai, notamment de la part de l'opposition. Elles l'accusent d'avoir "menti" à propos des événements qui ont eu lieu à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, lors des manifestations du 1er-Mai. 

Car la version donnée par la place Beauvau dès mercredi matin a été battue en brèche le lendemain par plusieurs médias, dont LCI, qui ont prouvé, grâce à de nombreux témoignages et vidéos amateurs, qu'il s'agissait en fait plutôt d'une tentative d'intrusion.

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La polémique a donc pris une ampleur inédite dès jeudi. Poussant Libération à accorder sa Une au sujet, accusant le ministre de l'Intérieur de diffuser des "fake news". Toujours dans le monde médiatique, David Dufresne, écrivain et documentariste qui récolte les cas de violences policières depuis six mois, estimait lui aussi que le locataire de la place Beauvau avait "menti". "Cette manipulation est grossière", disait-il sur France Info, regrettant que le gouvernement soit "immédiatement dans la condamnation avant même que les enquêtes aient lieu". 

"Fake news", "mensonge", "manipulation",.... Les mots étaient posés. Et l'opposition s'en est donc emparée. Plusieurs personnalités politiques ont réagi, souvent avec virulence, parfois même en demandant la démission. C’est Jean-Luc Mélenchon qui a ouvert la brèche, dès jeudi matin, sur Twitter. "Il y a un an : les mensonges de Benalla. Cette année : le mensonge de Castaner sur la pseudo-attaque de la Pitié-Salpêtrière. La vérité, première victime des hommes de main de Macron." 

Le chef de file de la France Insoumise, qui a même évoqué une "manipulation du système" a rapidement été suivi par d’autres membres du parti. Toujours sur le réseau social à l'oiseau bleu, le député Eric Coquerel (Seine-Saint-Denis), parle de "mensonge d’État" ou de "fake news". Et son collègue, Alexis Corbière, a lancé les hostilités d'un message sans équivoque: "Castaner menteur, Castaner démission!"

Le reste de la gauche a également rapidement réagi. En meeting à Bordeaux, l'écologiste Yannick Jadot  a demandé une "commission d'enquête parlementaire" sur la question. Une demande "légitime" selon lui afin de savoir si c'est le ministre de l'Intérieur "qui se met à la faute" ou s'il s'agit d'une "politique beaucoup plus large, beaucoup plus délibérée, beaucoup plus systémique dont il n’est simplement aujourd’hui que le porte-flingue".  La tête de la liste d'EELV aux élections européennes a même accusé le ministre de "souffler en permanence sur les braises de la violence". Il faut cependant rappeler qu'il avait lui aussi, le matin même, diffusé cette information en "condamnant" sur RTL la "volonté d'entrer dans un hôpital public". 

Pour Benoît Hamon cependant, pas besoin d'attendre cette enquête. La tête de liste du mouvement Génération.s aux européennes ne souhaite pas attendre "six mois de commission parlementaire", comme il l'affirmait sur Franceinfo. Pour lui, il y a "clairement une tentative de manipulation de l'information" dont l'auteur est le ministre de l'Intérieur. "Le président de la République devrait prendre la seule décision qui s'impose, c'est de démettre de ses fonctions le ministre de l'Intérieur parce qu'il a délibérément construit une histoire qui n'existait pas."

Une critique qui s’est étendue même sur la droite de l’échiquier politique. Bruno Retailleau, président du groupe Les Républicains, a demandé sur Twitter à ce que le premier flic de France "s'explique sur ses déclarations démenties par les faits". Toujours sur le réseau social, le président de Debout la France, Nicolas Dupoint-Aignan accuse le ministre d'avoir "manipulé les faits pour discréditer ses opposants". "Il doit démissionner", conclut-il.

L'Intérieur maintient sa version

Si la polémique enfle, la place Beauvau reste formelle, et maintient  sa version des faits. L'entoure du ministre a ainsi défendu auprès de l'AFP que "l'enceinte de l'hôpital a été forcée". "Des individus ont tenté de s'introduire dans un service de réanimation. C'est un incident très grave, ces faits sont inadmissibles." 

De son côté, si l'USAP-CGT demande une "totale transparence sur ces événements",  le syndicat rappelle dans un communiqué que ce qui est véritablement "gravissime" c'est "l'absence de véritables réponses politiques de la part du gouvernement aux revendications de justice sociale de la population". Et de profiter de cette actualité pour "dénoncer les mesures d'austérité de ce gouvernement contre l''hôpital public".

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