20 milliards de nouvelles aides confirmées pour les entreprises confinées

20 milliards de nouvelles aides confirmées pour les entreprises confinées

SOUTIEN - Face à un reconfinement qui ne sera pas sans impact sur l'économie, l'exécutif annonce le prolongement de dispositifs existants, et de nouvelles mesures d'aides, par exemple pour les indépendants.

Après un confinement printanier qui avait fait chuter l'activité économique de 30% en France, le reconfinement annoncé mercredi 29 octobre par Emmanuel Macron a toutes les chances d'aggraver le passif de nombre d'entreprises, souvent fragilisées par l'activité en dents de scie des huit derniers mois.

Un reconfinement à l'impact économique certes moindre que lors de la première vague, d'abord parce que les mesures restrictives touchent beaucoup moins d'entreprises : usines, exploitations agricoles, et BTP pourront ainsi poursuivre leur activité, tout comme les services publics. Surtout, nombre d'entreprises sont mieux armées face au retour du confinement. En mars-avril, "on était pris au dépourvu : on n'avait pas de masques, on n'était pas organisé, on n'avait pas les ordinateurs portables pour faire du télétravail", se rappelle ainsi Selin Ozyurt, économiste chez Euler Hermes.

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Des aides prolongées pour les grandes entreprises, et élargies pour les petites

Pour toutes celles que le confinement force à baisser le rideau, celles aussi pour qui le télétravail est impossible, Jean Castex annonce un nouveau train de mesures d'aides. "Mercredi, le conseil des ministres adoptera un nouveau projet de loi de finances rectificative prévoyant une enveloppe de 20 milliards d'euros supplémentaires pour financer ces mesures de soutien et d'accompagnement", a expliqué le Premier ministre à l'assemblée.

Dans le détail, les principaux dispositifs mis en place depuis le printemps vont être prolongés, chômage partiel en tête. Les remboursements des prêts garantis par l'Etat seront repoussés de six mois, et les PME en difficulté verront leurs exonérations de charges renforcées. Toutes les entreprises peuvent aussi demander des délais de paiement de leurs impôts directs, hors TVA et prélèvement à la source. Celles qui sont propriétaires de leurs locaux peuvent aussi reporter de trois mois le paiement de leur taxe foncière.

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Mais dans l'urgence, c'est surtout aux professions les plus touchées que pense l'exécutif. Comme l'explique Jean Castex, "tous les secteurs faisant l'objet d'une fermeture administrative bénéficieront d'aides pouvant aller jusqu'à 10.000 euros par mois". Ces mêmes secteurs auront également accès à l'activité partielle, "avec zéro à charge pour l'employeur", promet le Premier ministre. 

À Bercy, on réfléchit aussi à des mesures fiscales incitatives pour les bailleurs, de quoi les encourager à baisser les loyers demandés aux PME, qui pourraient prendre la forme d'un crédit d'impôts. Mercredi 28 octobre, le ministre des Comptes publics Olivier Dussopt évaluait l'impact d'un reconfinement strict d'un mois entre 2 et 2,5 points de PIB sur l'économie française, et à "10 milliards d'euros de dépenses d'intervention" pour l'État.

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Pourtant, et c'est l'un des paris de l'exécutif, même dur, le confinement peut avoir des effets économiques positifs. "Si ça permet de raccourcir la période d'incertitude et de vraiment limiter la propagation de la maladie, l'effet final peut être moins important que d'avoir un semi-confinement comme on a maintenant pendant une période de temps extrêmement longue", avance Charlotte de Montpellier, économiste chez ING. Cela n'empêchera sans doute pas les faillites d'entreprises les plus en difficulté, prédit-elle toutefois : "On ne peut pas éternellement soutenir les problèmes de solvabilité des entreprises".

Au total, depuis le début de la crise, l'Etat a mobilisé près de 470 milliards d'euros, dont environ 60 milliards de dépenses effectives, le reste étant des mesures de garanties. Des dépenses qui vont creuser le déficit public cette année, attendu à 10,2% du PIB, mais qui pourrait encore augmenter. "Nous devons collectivement assumer ces dépenses", affirme le Premier ministre, "ne rien faire aurait un coût économique, financier et surtout humain encore plus considérable".

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