2017 : la gauche peut-elle se résoudre à voter Sarkozy en cas de duel face à Le Pen ?

2017 : la gauche peut-elle se résoudre à voter Sarkozy en cas de duel face à Le Pen ?

FRONT RÉPUBLICAIN - Alors que la gauche n’avait pas hésité à appeler à voter pour Jacques Chirac en 2002, pourrait-elle faire de même pour Nicolas Sarkozy s’il se retrouvait au second tour face à Marine Le Pen en 2017 ? LCI fait le point avec plusieurs personnalités de gauche.

La députée PS Karine Berger a lancé ce lundi, sans vraiment s’en rendre compte, un pavé dans la mare en déclarant que Nicolas Sarkozy ne se situait plus dans le giron républicain. En cas de duel opposant Marine Le Pen et l’ex-chef de l’État en mai 2017, "il serait totalement impossible d’imaginer un vote républicain de second tour pour Nicolas Sarkozy", a-t-elle indiqué  sur LCP. A ses yeux, "le ni-ni serait indispensable parce que Nicolas Sarkozy a quitté le camp des républicains au cours du mois qui vient de s’écouler".

Jusqu’à présent, la tradition à gauche a toujours été de soutenir la droite quand celle-ci affronte seule le FN dans un scrutin lors d'un tour décisif. Lors de la présidentielle de 2002, mis à part Arlette Laguiller, le consensus de la classe politique autour de Jacques Chirac avait ainsi été total. Mais, presque 15 ans plus tard, les circonstances semblent donc avoir changé.

"Je comprends que le peuple de gauche hésite"- Marie-Noëlle Lienemann

Au PS, la position de Karine Berger est toutefois loin de faire l’unanimité. "Nicolas Sarkozy est un adversaire politique mais je ne veux pas d’une France présidée par Marine Le Pen", répond par exemple le député des Hauts-de-Seine, Jean-Marc Germain. "Il a présidé, on sait ce qu’il a fait, notamment des choses très critiquables. Il a été un mauvais président mais je n’aurais pas d’états d’âmes à faire un choix républicain", explique à LCI ce proche de Martine Aubry. Idem pour le député de l’Essonne, Malek Boutih. "Les choses sont claires : il y a l’extrême droite d’un côté, et nous de l’autre".

Refusant de se positionner, le patron des députés socialistes, Bruno Le Roux, préfère lui ne pas imaginer un tel scénario. "Il y a autre chose à faire en ce moment que de se poser cette genre de questions à gauche", nous souligne-t-il. De son côté, la sénatrice et candidate à la primaire de la gauche, Marie-Noëlle Lienemann, est beaucoup moins affirmative. Dans une telle configuration, le vote en faveur de Nicolas Sarkozy ne sera "pas automatique", précisant "comprendre que le peuple de gauche hésite". Mais "si cela devait arriver, je me demande si une petite voix intérieure ne viendrait pas me rappeler qu’il ne faut pas jouer avec le feu", ajoute-t-elle.

"Aujourd’hui, je ne choisis pas entre la peste et le choléra"- Yannick Jadot

A la gauche du PS, beaucoup pensent comme elle, compte tenu de la dérive droitière du discours sarkozyste. Proche de Jean-Luc Mélenchon, le conseiller régional d’Ile-de-France, Eric Coquerel, explique que le contexte de 2002 n’est plus le même. "Sarkozy n’est pas Chirac, ce sera beaucoup plus dur". Il préfère donc lui aussi ne pas trancher. Les deux favoris de la primaire écologiste, Cécile Duflot et Yannick Jadot, refusent également d’envisager une telle hypothèse. "On ne se prononce pas même si l’on constate que Nicolas Sarkozy s’éloigne de jour en jour du camp républicain", confie l’entourage de l’ancienne ministre. "Aujourd’hui, je ne choisis pas entre la peste et le choléra", ajoute Yannick Jadot.

En revanche, l’écologiste Jean-Vincent Placé, aujourd’hui secrétaire d’État chargé de la Réforme de l’État et de la Simplification, a souligné sur LCI dimanche, qu’il n’aurait "aucun état d’âme" à voter Nicolas Sarkozy pour faire barrage à Marine Le Pen. Si Noël Mamère estime que l’ancien locataire de l’Élysée "a franchi le Rubicon pour des raisons électoralistes", il se retient néanmoins de renvoyer dos à dos Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen. Afin de ne pas avoir à se décider, le député-maire de Bègles préfèrerait lui aussi que "les Français soient assez clairvoyants pour éliminer un homme animé par le pouvoir et le cynisme".

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