30 milliards d'euros : d'où vient le déficit commercial abyssal entre la France et la Chine ?

COMMERCE - En visite pour trois jours en Chine, Emmanuel Macron doit notamment signer d'importants contrats avec la deuxième puissance mondiale. Le chef de l'Etat prône un rééquilibrage des relations, alors que le déséquilibre au profit de la Chine bat des records.

C'est une constante depuis l'entrée de la Chine dans l'Organisation mondiale du commerce (OMC) en 2001 : le déficit commercial entre la France et la deuxième puissance économique mondiale ne cesse de s'alourdir. 


Selon les données de la douane française, l'écart entre les deux pays atteint près de 30 milliards d'euros et constitue, pour la France, la première cause de déficit commercial. La Chine a importé en France, l'an passé, pour près de 49 milliards d'euros de marchandises, quand la France n'exportait que 19 milliards vers la Chine. Un sujet qui devait être au centre des discussions entre Emmanuel Macron et les dirigeants chinois, lors de son déplacement de trois jours qui se poursuit jusqu'à mercredi. 


A titre de comparaison, les Etats-Unis connaissent eux aussi un déficit commercial historique vis-à-vis de la Chine, qui atteint 223 milliards de dollards, soit une hausse de 8% par rapport à l'an passé. En revanche, l'Allemagne, de son côté, enregistre au contraire un excédent commercial de 20 milliards d'euros avec le partenaire chinois.

La France dopée par l'aéronautique

En matière d'importation, les principaux produits venant de Chine sont les téléphones et équipements de communication (12,4% des marchandises), les habits (12,4%), l'informatique (10,5%) et le matériel électrique divers (7,1%). S'y ajoutent l'électroménager, les articles de sport ou encore les jouets. 


La répartition des exportations françaises vers la Chine paraît nettement moins équilibrée. Ainsi, la part majoritaire vient de la vente de produits de la construction aéronautique et spatiale (34,1%, soit 6,4 milliards d'euros). La balance commerciale est donc particulièrement dépendante des ventes de l'avionneur européen Airbus, qui vient d'implanter en Chine un "centre de finition" pour les A330 commandés par les clients asiatiques. Suivent les exportations de boissons (et notamment des vins), pour 1,2 milliard, de machines et équipements du quotidien, de produits pharmaceutiques ou chimiques et de cosmétiques. 


Dans ce contexte, Emmanuel Macron devrait, durant sa visite, superviser la signature d'une cinquantaine de contrats et accords, concernant notamment les groupes français AccorHotels, Safran, Dassault Systèmes, BNP Paribas, LVMH, EDF et le géant du nucléaire Areva. Selon l'agence Reuters, le groupe Airbus, également représenté dans la délégation, serait en discussion pour la vente une centaine d'appareils.

Quête de "rééquilibrage"

Au-delà des contrats passés, la France compte remettre sur la table le sujet de relations commerciales entre les deux pays et, surtout, entre l'Europe et la Chine. A son arrivée à Xi'an, et avant sa rencontre avec le président Xi Jinping, le chef de l'Etat français a plaidé ce lundi pour "une coopération équilibrée", tant sur le plan géopolitique que sur celui des relations commerciales. 


Le France prône notamment une "réciprocité" dans l'ouverture des marchés entre l'Union européenne et la Chine, et souhaite que l'Europe, qui réalise 15% de ses échanges commerciaux avec Pékin, contrôle davantage les investissements étrangers dans les secteurs stratégiques. Inversement, si le président chinois assurait l'an dernier vouloir "garder ses portes grandes ouvertes" aux investisseurs, un rapport de la Chambre de commerce européenne en Chine publié au printemps 2017 pointait une législation chinoise toujours particulièrement restrictive à l'égard des entreprises européennes, notamment pour l'accès à certains marchés. Un sujet qui devrait être au coeur des échanges lors de ce voyage diplomatique. 

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