35 heures, chômage, carte scolaire... Découvrez le "programme" d'Emmanuel Macron

PROGRAMME - Emmanuel Macron est en route vers l'Elysée. Il annonce sa candidature ce mercredi à 10h30. Ce ne sera manifestement pas l'occasion d'étaler son programme mais dans une interview accordée à L'Obs, l'ancien ministre de François Hollande présente les contours de son projet. Et ces propositions ne feront certainement pas l’unanimité à gauche.

Sa candidature maintenant acquise, si nous nous penchions sur le programme d'Emmanuel Macron ? L’ancien ministre de l’Économie a dévoilé dans l’Obs les contours de son projet. Sans surprise, cette série de mesures est d’inspiration libérale, mais parfois plus timorée qu'attendu.


Sur les 35 heures, celui qui devrait officialiser sa candidature "avant le 10 décembre" - ce sont ses proches qui le disent - se montre ainsi très prudent : "il faut conserver une durée légale, un socle, mais laisser ensuite aux branches le soin de la moduler s’il y a des accords majoritaires". Emmanuel Macron envisage en revanche une modulation du temps de travail en fonction de l’âge. "On peut ainsi imaginer que les branches professionnelles négocient une possibilité pour les salariés qui le souhaiteraient de travailler moins à partir de 50 ou 55 ans : 30 heures, 32 heures, pourquoi pas ? En revanche, quand on est jeune, 35 heures, ce n’est pas long. Il faut donc plus de souplesse, plus de flexibilité", dit-il.

Emmanuel Macron aimerait également rendre plus flexible les modalités de départ à la retraite. "Certains veulent la prendre à 60 ans, d’autres à 65, d’autres encore à 67. Il faut pouvoir moduler selon les individus et les situations. Comme je vous l’ai dit, si on se contente d’appliquer des critères de pénibilité de manière arbitraire, on ne fera que recréer des régimes spéciaux", explique l’ancien banquier.

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JT20H - Macron candidat : les grandes lignes de son programme

"Accorder des droits au chômage en cas de démission"

Comme François Hollande, l'ex-hôte de Bercy veut "un droit du travail qui repose beaucoup plus sur le dialogue social". "On lui préfère toujours la loi qui règle tout. Mais celle-ci va créer la même réalité pour le boulanger du Cantal et pour le groupe automobile de Seine-Saint-Denis. Or ça ne marche pas. Car leurs situations économiques, leurs cycles économiques, leurs modes de production ne sont pas les mêmes", souligne-t-il.


Selon lui, la loi doit seulement garantir les grands principes (horaires de travail, salaire minimum, l’égalité hommes-femmes, etc.), mais "la mise en œuvre de ces droits et les autres questions (…) devraient être renvoyées à des accords majoritaires entre employeurs et salariés au niveau de la branche, et pour certains au niveau de l’entreprise". Il préconise par ailleurs la nationalisation de l’Unédic.


Comme il l’avait déjà annoncé, Emmanuel Macron désire également "accorder des droits au chômage en cas de démission. Cela pourrait éviter les burn-out de salariés qui demeurent dans une entreprise parce qu’ils pensent qu’ils n’ont pas d’autre choix".

Vers "une véritable autonomie pédagogique" des établissements scolaires

Dans cet entretien, l’ancien ministre insiste aussi sur la nécessité de réformer en profondeur l’Education nationale, en accordant notamment davantage de responsabilités aux directeurs d’établissements. Si les programmes doivent rester les mêmes pour tous, il veut accorder "une véritable autonomie pédagogique" aux écoles, car "cela permettait une différenciation utile et souhaitée".


Il assume enfin le fait de renforcer les budgets de certains établissements car "les moyens et les capacités ne peuvent pas être les mêmes partout", et qu'il "faut donner plus à ceux qui ont le plus de besoin". Enfin, s’il se prononce pour une réforme de la carte scolaire afin d’assurer une véritable mixité scolaire, il refuse de mettre fin au collège unique. "Je pense profondément que la priorité, c’est l’école primaire. C’est là que la révolution est à faire. Les sacrifiés du collège unique sont ceux qui ne savent pas lire et écrire en y arrivant. Ce serait donc prendre le problème à l’envers que de déconstruire le collège unique", assure Emmanuel Macron.

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