361 maires et adjoints victimes d'"atteintes volontaires à l'intégrité physique" en 2018

Politique

RÉPUBLIQUE - Les chiffres des violences contre les élus sont inquiétants : en 2018, 361 maires ou adjoints ont été victimes d'"atteintes volontaires à l'intégrité physique".

La fonction d'élu local est de plus en plus exposée à la violence. Selon des chiffres exclusifs dévoilés par le Journal du Dimanche provenant d'une note du ministère de l'Intérieur en date du 8 août, 361 maires et adjoints ont été victimes cette année-là d’"atteintes volontaires à l’intégrité physique". 

En 2016, 317 élus avaient été victimes d’atteintes à l’intégrité physique et d’outrages. Ils étaient 332 en 2017. Des chiffres en hausse de 5% entre 2016 et 2017 et de 9% de 2017 à 2018. Mais selon la note du ministère consultée par le JDD, la tendance s’inverse sur les sept premiers mois de 2019, par rapport à la même période en 2018 : les atteintes à l’intégrité physique des élus ont diminué de 2%. Les violences physiques  ont diminué de 41%, alors que les menaces et les chantages augmentent de 20%.  

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Toujours dans le journal en date de ce dimanche 11 août, François Baroin, président de l'Association des maires de France (AMF), affirme que "les maires sont en danger", et demande, après la mort du maire de Signes, que l'on donne "un véritable coup d'arrêt" aux violences contre les élus. "Le respect de la responsabilité municipale, de l'autorité et de l'élu se dégrade d'année en année. Ce qui était un élément marginal il y a dix ou quinze ans devient un élément dominant. Insultes, violences verbales, menaces sous forme de lettres anonymes ou via les réseaux sociaux : les mains courantes déposées par les élus sont de plus en plus nombreuses", déclare l'ancien ministre.

"Il faut donc protéger ces élus de proximité, leur donner des garanties de protection plus élevées, un pouvoir de police administrative plus important, la possibilité d'installer des caméras dans des zones à risque... Tout cela fera partie des propositions que nous formulerons quand le projet de loi du gouvernement sur le futur statut de l'élu arrivera au Sénat, à l'automne. C'est indispensable."

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