40 plaintes contre des policiers pour des violences présumées en 2019 ? Marine Le Pen dit faux

Pas de problème structurel de violence au sein de la police, estime Marine Le Pen
Politique

À LA LOUPE – En voulant apporter son soutien aux policiers, Marine Le Pen a mis en avant un très faible nombre de plaintes déposées à leur encontre, 40 selon elle en 2019. Des chiffres que le rapport annuel de l'IGPN permet de démentir.

Du soutien, oui, mais une fake news. Ce vendredi matin, Marine Le Pen s'est rendue au commissariat de Villeneuve-la-Garenne, dans les Hauts-de-Seine. Une visite durant laquelle la présidente du Rassemblement national a réaffirmé son appui aux forces de police, dont elle a salué l'engagement et pour lesquels elle a réclamé davantage de moyens. Devant la presse, à sa sortie, elle a par ailleurs indiqué qu'à ses yeux, il n'y avait "pas de problème véritablement de violences policières". 

Pour appuyer son propos, Marine Le Pen a relayé des chiffres. "Il y a, en 2019, 40 plaintes qui ont été déposées", a-t-elle indiqué. "40, sur des dizaines de millions d'interventions de la police nationale." Reconnaissait des "défaillances personnelles" de certains agents, la députée a cependant réfuté tout problème structurel au sein de l'institution policière.

Contredite par l'IGPN

Il est difficile de connaître le nombre exact de plaintes déposées à l'encontre de policiers pour des faits présumés de violence. Néanmoins, l'inspection générale de la police nationale (IGPN) fournit chaque année des éléments qui permettent de mesurer ses travaux et de visualiser les procédures à l'encontre des forces de l'ordre. 

Le rapport d'activité 2019 de l'IGPN a été dévoilé il y a quelques jours, et son examen permet assez rapidement de contredire les propos de Marine Le Pen. Il indique en effet qu'en 2019, 673 enquêtes ont porté sur des violences volontaires. Des enquêtes qui sont la conséquence de saisines des autorités administratives ou judiciaires, et qui font donc généralement suite à des dépôts de plaintes.

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L'IGPN va plus loin et indique que "l’usage disproportionné de la force ou de la contrainte et le manquement au devoir de protection de la personne interpellée" correspondent à des "manquements" établis l'an passé "à l’encontre de 49 agents"

Il faut par ailleurs préciser que le nombre de plaintes est supérieur, puisque plusieurs d'entre elles peuvent concerner une même affaire, et que toutes les plaintes déposées ne donnent pas lieu à l'ouverture d'une enquête. Enfin, notons qu'il s'agit ici de chiffres relatifs aux seules atteintes aux personnes (sans que soit pris en compte les enquêtes pour harcèlement moral). L'IGPN se penche par ailleurs sur des affaires portant sur des atteintes aux biens (vols, corruption passive ou active), ainsi que sur des atteintes à l'Etat.

Parmi les autres éléments fournis par le rapport, on apprend qu'en 2019, ce sont 39 agents qui ont été exclus de l'institution policière, ou encore que "l’IGPN a décidé de 276 poursuites disciplinaires à l’issue de ses 238 enquêtes administratives clôturées". 

À défaut de pouvoir donner avec précision le nombre de plaintes enregistrées l'an passé pour des faits présumés de violences policières, il est donc possible grâce à l'études des publications de l'IGPN de vérifier les dires de Marine Le Pen. Il apparaît ainsi que la président du RN a minoré le nombre de plaintes déposées, comme en témoignent le volume d'affaires traitées par l'IGPN ainsi que la quantité de sanctions décidées par cette institution.

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