5 questions autour de la démission de Laurent Wauquiez de la présidence des Républicains

Politique

DROITE - Les Républicains sont en pleine crise et sans chef depuis l'annonce de la démission de Laurent Wauquiez dimanche soir. Qui pourrait prendre sa succession ? Quand ? Y a-t-il un risque de dissolution du parti ?

Élu à la tête des Républicains en décembre 2017, Laurent Wauquiez a annoncé sa démission de la présidence du parti ce dimanche sur le plateau du JT de TF1. Il ne sera donc resté que dix-huit mois à la tête du mouvement créé par Nicolas Sarkozy. Et sa succession devrait prendre un virage radicalement différent, à la présidence mais aussi dans l’offre politique, le parti étant dans l’obligation de se réformer pour rebondir.

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Pourquoi Laurent Wauquiez a-t-il démissionné ?

Laurent Wauquiez aura tenu une semaine après l’échec de son parti aux élections européennes pour annoncer sa démission. Pourtant, quelques heures seulement après les résultats, plusieurs personnalités du parti comme Valérie Pécresse, Bruno Retailleau ou Frédéric Lefebvre l'encourageaient à quitter la présidence du parti, avec l'espoir d'éloigner celui dont ils critiquent depuis toujours la position trop identitaire et conservatrice. Même Nicolas Sarkozy rappelait à qui voulait l’entendre qu’il avait quitté son poste de président du RPR en 1999 après l’échec du mouvement aux européennes (12,8%).

"Les victoires sont collectives, les défaites sont solitaires. Il faut que je prenne mes responsabilités", a donc annoncé le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes dimanche sur TF1. L'annonce de la tenue d'"états généraux" "à la rentrée" pour "tout remettre à plat", lancée au lendemain des européennes, n'a pas suffi à sauver la tête de Laurent Wauquiez.

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Wauquiez démissionne de la présidence des Républicains

Comment sera choisi(e) le ou la futur(e) président(e) ?

Comme le prévoient les statuts du parti, Laurent Wauquiez sera temporairement remplacé par le vice-président délégué, Jean Leonetti. Et les hiérarques de LR épluchent leur règlement intérieur : l'élection d'un nouveau président doit avoir lieu "dans les cinquante jours au moins et soixante-cinq jours au plus après l'ouverture de la vacance", selon l'article 23. Mais l'article 27 commande à la Haute autorité, chargée du bon déroulement du scrutin, de publier un guide électoral... 90 jours avant le vote.

Selon les informations de LCI, beaucoup au sein du mouvement préféreraient attendre la rentrée pour ne pas avoir à faire voter les militants pendant l’été.

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En attendant, une direction collégiale pourrait-elle être mise en place ? Même si, selon les informations de LCI quelques cadres n'y sont pas favorables, Eric Woerth a plaidé pour cette solution ce lundi matin sur RTL. Le député a jugé qu'"il peut y avoir peut-être une collégialité dans un premier temps", notant qu'il y a "plein de jeunes députés talentueux".

Qui pour remplacer Laurent Wauquiez ?

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Aucun candidat ne s'est déclaré à ce stade. Mais plusieurs dirigeants possèdent leur propre structure ou cadre de réflexion : Valérie Pécresse et son mouvement "Libres!", Bruno Retailleau à la tête de Force Républicaine ou encore le premier vice-président du parti Guillaume Peltier, qui essaie de fédérer le courant "populaire" au sein de LR.

Le président du Sénat Gérard Larcher, omniprésent depuis dimanche dernier, pourrait également jouer les premiers rôles à l'avenir. Et Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France, pourrait-il en profiter pour revenir sur le devant de la scène nationale ?

Le parti peut-il disparaître ?

De nombreuses initiatives ont été lancées dans la semaine pour réfléchir au futur du parti ou peut-être à la création d'un nouveau parti, de la grande réflexion lancée par Gérard Larcher à la menace de création d'un second groupe LR à l'Assemblée nationale. La semaine dernière, onze jeunes députés LR ont également lancé une initiative pour impliquer la nouvelle génération dans la construction d’un nouveau projet, même si eux ont précisé qu'ils souhaitaient qu'elle s'inscrive au sein du parti et de ses instances.

"Il y a une forme de droite qui estime qu'Édouard Philippe, ou Gérald Darmanin, les représentent bien et que la majorité a eu la capacité à mener les réformes, notamment celle sur la SNCF. Dès lors, il y a eu une dévalorisation de ce qui pouvait être une forme de droite traditionnelle et, donc, oui, il y a un donc vrai péril pour LR" a expliqué à l'AFP le politologue Jean-Daniel Lévy, directeur du département Politique et opinion d'Harris Interactive.

Quelles alliances, quelle nouvelle ligne politique ?

La ligne politique de Laurent Wauquiez était jugée trop à droite, trop conservatrice, faisant la part belle aux questions identitaires, sécuritaires. Les nouveaux cadres voudront donc placer ces thèmes au second plan, et mettre sur le devant de la scène des thématiques traditionnelle de la droite comme le travail.

Dans l'histoire, la droite a toujours remporté des succès électoraux en s'associant aux centristes. Certains pourraient également choisir de se tourner vers Emmanuel Macron, que de nombreux Républicains ont déjà rejoint, que ce soit les membres du mouvement pro-Macron "Agir" ou les membres du gouvernement Bruno Le Maire, Sébastien Lecornu, Gérald Darmanin et Edouard Philippe. Les départs d'élus locaux se multiplient déjà, notamment dans les Yvelines et les Hauts-de-Seine, sur fond de pression explicite de la part de la majorité présidentielle en vue des élections municipales de 2020.

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