A Bagdad, François Hollande prévoit la reprise de Mossoul à Daech "avant l'été"

Politique

DIPLOMATIE - Arrivé ce lundi en Irak pour y rencontrer les dirigeants irakiens et les militaires français dans le pays, le président français a annoncé que les forces irakiennes soutenues par la coalition internationale reprendraient Mossoul à Daech "avant l'été".

Plus de deux ans après sa dernière visite, en septembre 2014, François Hollande a passé la journée en Irak, lundi 2 décembre. Il reste à ce jour le seul dirigeant majeur de la coalition internationale anti-EI à s'être rendu dans le pays depuis le lancement de cette coalition il y a deux ans et demi. Lors de sa précédente visite, François Hollande avait annoncé un soutien militaire accru de la France aux forces irakiennes après une série de gains territoriaux majeurs de l'EI en Irak. 

"Tout ce qui contribue à la reconstruction en Irak, c'est autant de conditions supplémentaires pour éviter qu'il puisse y avoir de la part de Daesh des actions sur notre propre territoire", a affirmé le chef de l'Etat français lors d'un discours devant des militaires français qui forment les forces spéciales irakiennes luttant contre l'EI.

La bataille de Mossoul pourrait s'achever au printemps en tout cas avant l'été- François Hollande

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La lutte en Irak contre le groupe Etat islamique (EI) est cruciale pour "prévenir des actes terroristes" en France, a jugé  François Hollande, au moment même où un nouvel attentat ensanglantait la capitale irakienne  faisant au moins 32 morts et 61 blessés. Malgré cette attaque meurtrière de l'EI, qui a également affirmé être derrière la fusillade qui a fait 39 morts à Istanbul la nuit du Nouvel An, le chef de l'Etat a prédit que 2017 sera "une année de victoire contre le terrorisme".

"L'enjeu c'est la reconquête de Mossoul", a encore dit le président aux soldats français. Lancée le 17 octobre, la bataille de Mossoul, deuxième ville d'Irak, mobilise à l'heure actuelle le gros des troupes irakiennes engagées dans la lutte antijihadiste. Mais, en dépit du soutien des frappes aériennes de la coalition, elles font face à une forte résistance des jihadistes. Pour autant, le président français et ses partenaires irakiens ont avancé de nouvelles échéances.

Une bataille qui pourrait s'achever "au printemps, en tout cas avant l'été", a estimé François Hollande. Le Premier ministre irakien avait, lui, jugé la semaine dernière que "trois mois" étaient encore nécessaires pour "éliminer l'EI".  Si Mossoul est le dernier bastion des jihadistes en Irak, ils conservent encore intégralement la ville syrienne de Raqa qui sera "le prochain objectif", selon François Hollande. "Ce sera long mais ce sera victorieux". Une alliance de forces arabo-kurdes soutenue par la coalition internationale s'est déjà rapprochée de cette ville du nord de la Syrie.

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Au cours de sa visite à Bagdad sous haute sécurité, il a rencontré son homologue irakien, Fouad Massoum puis le Premier ministre Haider al-Abadi.  Le président a souhaité que les étrangers partis combattre dans les rangs de l'EI en Irak ou en Syrie "puissent être mis hors d'état de nuire". Ces combattants doivent être appréhendés à leur retour avant un processus de déradicalisation, a-t-il souligné.

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François Hollande a poursuivi sa visite au Kurdistan irakien

François Hollande a poursuivi sa visite à Erbil au Kurdistan irakien (nord), où il s'est entretenu avec le président de cette région autonome, Massoud Barzani. C'est au Kurdistan que sont stationnées les forces spéciales françaises qui conseillent les peshmergas kurdes engagés dans la bataille pour la reprise de Mossoul à l'EI.  Pour évaluer les progrès des peshmergas, Hollande et Barzani se sont rendus sur une fortification à environ 15 km des positions de l'EI, retranché à Mossoul. Le président français a ensuite quitté l'Irak dans la soirée.

Depuis son engagement dans la coalition internationale en septembre 2014, la France a réalisé plus de 5700 sorties aériennes, 1000 frappes et détruit plus de 1700 objectifs en Irak ou en Syrie. Outre les 14 avions de chasse Rafale basés en Jordanie et aux Emirats arabes unis, environ 500 soldats français assurent des missions de conseil, de formation et d'appui d'artillerie en Irak aux forces engagées dans la bataille de Mossoul. Ils ne participent toutefois pas directement aux combats.

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