À Poitiers, le congrès du PS démarre sans passion (mais ça ne va pas durer)

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REPORTAGE – Le 77e congrès du Parti socialiste a ouvert ses portes ce vendredi à Poitiers dans une ambiance très calme. Un congrès qui, s'il présente peu d'enjeux, comporte de nombreux défis. À commencer par séduire les frondeurs.

Un premier jour sans passion. Ce vendredi, le Parti socialiste a ouvert son congrès à Poitiers – le 77e du genre – sous un soleil de plomb. Un congrès vidé d’une très grande partie de sa substance, qui arrive après le vote des motions et la désignation, fin mai, du Premier secrétaire du parti Jean-Christophe Cambadélis, mais qui n'est pas pour autant dépourvu de défis.

Premier défi à relever : réveiller l’assemblée. "Pour l’instant, on s’ennuie", souffle une militante socialiste affalée sur la table, accrochée à son éventail, le visage moite de sueur. Au Parc des expositions de la ville, les ténors du PS ont défilé toute l’après-midi à la tribune face à une assemblée clairsemée, écrasée par la chaleur qui règne dans la pièce. Et guère emportés par la ferveur des explications sur le vote des motions ou les propos sur l'international. Les militants applaudissent poliment çà et là ; mollement diront les mauvaises langues.

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"Un rendez-vous d’apparatchiks"

"Il n’y a pas vraiment d’enjeux, mais se retrouver, c’est important", veut croire Anne, 59 ans, qui a fait le déplacement depuis Cannes avec d'autres "camarades" de sa région. "C’est un rendez-vous d’apparatchiks", résume de son côté Pauline, la vingtaine, secrétaire d’une section parisienne du PS. Auprès de Metronews, le député de la somme Jean-Claude Buisine, qui soutient globalement la ligne défendue par le gouvernement, assure de son côté que ce n’est pas un congrès touristique, "sinon, je ne serais pas venu", tranche-t-il. Interrogé, le député "frondeur" Pascal Cherki veut lui aussi donner de la consistance à ce rendez-vous : "c’est le dernier qu’on peut avoir qui soit utile avant la prochaine élection présidentielle", assure-t-il.

Mais pour cela, il faudra attendre samedi et le discours de Manuel Valls, le Premier ministre, qui doit s’exprimer à la tribune vers midi. Un discours très attendu par Anne qui veut "qu’on lui redonne espoir", tout autant que par le député de la somme, même s’il le confesse bien volontiers : il ne s’attend pas à de grandes déclarations. "C’est normal, Manuel Valls a déjà dit ce qu’il avait à dire", précise-t-il.

Samedi, ils ne seront pas les seuls pendus aux lèvres du Premier ministre. Les frondeurs, qui ont réuni 30 % des voix derrière Christian Paul, et qui s’opposent sur plusieurs points de la ligne défendue par le gouvernement, scruteront ses paroles. À charge à Manuel Valls de les rassurer. "On a hâte de son discours", confie un frondeur visiblement aux aguets. Mais, "pas question que Manuel Valls ne fasse croire aux médias qu’il a le congrès acquis à sa cause", tempête un député frondeur très en verve, exaspéré par un Premier ministre qui en "fait trop" et qui est "trop dans la communication". Samedi, Manuel Valls va avoir du travail. Et devra peser ses mots.

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