À quoi vont ressembler les emplois francs version Macron ?

QUARTIERS - En déplacement à Tourcoing (Hauts-de-France), Emmanuel Macron a confirmé mardi 14 novembre la mise en place, début 2018, d'"emplois francs" pour favoriser l'embauche des habitants de quartiers défavorisés. Une mesure de discrimination positive déjà proposée par Hollande en son temps.

C'était une promesse de campagne. Mardi 14 novembre, Emmanuel Macron, en déplacement à Tourcoing dans les Hauts-de-France, a annoncé ses mesures pensées pour les quartiers sensibles. Au programme, notamment, de ce nouveau plan banlieuses : les emplois francs.


Présentée dès le 2 mars dernier, cette mesure s'adresse avant tout à 1500 quartiers populaires. L'idée, sur le papier : accorder une prime de 15.000 euros, étalée sur trois ans, à chaque entreprise qui embauche un habitant des quartiers prioritaires en CDI.  Une prime qui s'établit à 5000 euros sur deux ans pour un CDD de plus de deux ans.

Un mauvais bilan

Mais cette mesure de "discrimination positive assumée" n'a rien de nouveau. Elle se situe en effet dans la droite ligne de l'héritage Hollande, qui avait déjà expérimenté ces "emplois francs" entre 2013 et 2015. Et le bilan de l'époque n'est guère encourageant. Prévue sur deux ans, la mesure avait pris fin à mi-parcours. Par ailleurs, alors que le gouvernement attendait la création de 2000 emplois à la fin de la première année, seulement 250 personnes avaient été embauchées, en 2014. 

Néanmoins, quelques différences existent entre les deux annonces. La mesure a "plusieurs fois été testée et a échoué" a rappelé Emmanuel Macron lors de la conférence de presse. "Elle était trop compliquée, il y avait trop de critères", a-t-il poursuivi. Pour rappel, les emplois francs version Hollande imposaient aux bénéficiaires d'être âgés d'au moins 30 ans et d'être inscrits à Pôle Emploi. À partir du 1er janvier 2018, ces critères devraient donc être simplifiés : désormais, il n'y aura plus de limite d'âge et tous les demandeurs d'emploi pourront demander à y accéder, si tant est qu'ils vivent sur les territoires éligibles à cette mesure tels que les Hauts-de-France, la Seine-Saint-Denis, une partie du Val-d'Oise ou encore Marseille et Angers. 


En parallèle de cette annonce, Emmanuel Macron a également proposé des mesures en faveur des mères isolées dans les quartiers - à savoir une aide de 138 euros supplémentaires par mois - ainsi qu'une pénalisation par la stigmatisation des entreprises pratiquant la discrimination à l'embauche. En outre, il demande une multiplication des internats d'excellence et une ouverture en soirée des bibliothèques. En termes de sécurité et de lutte contre la radicalisation, il s'est positionné en faveur d'une "politique rigoureuse et autoritaire" sur ce qu'il a appelé "les établissements inacceptables" et prôné l'évaluation régulière de l'action des associations bénéficiant de ces aides.

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