"Les conditions n'étaient pas remplies" : Macron justifie l'abandon du coup de rabot sur les aides à domicile des seniors

"Les conditions n'étaient pas remplies" : Macron justifie l'abandon du coup de rabot sur les aides à domicile des seniors
Politique

POUVOIR D'ACHAT - Mardi soir à New York, Emmanuel Macron a assumé le recul du gouvernement sur le projet de suppression d'exonérations sociales sur l'aide à domicile des personnes âgées. Une question de "pragmatisme", a-t-il expliqué.

Depuis New York, Emmanuel Macron solde le compte d'une mesure qui s'annonçait particulièrement explosive pour le gouvernement. Interrogé en marge du sommet de l'ONU, le chef de l'Etat a assumé mardi soir le recul du gouvernement sur le projet de suppression des exonérations sociales sur l'emploi à domicile pour les personnes de plus de 70 ans, qui devait permettre d'économiser près de 146 millions d'euros par an. 

Le projet, qui visait à réserver ces exonérations aux personnes âgées handicapées ou en situation de dépendance - défendu il y a encore deux jours par la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, sur LCI - a été purement et simplement enterré en quelques heures. 

"Le Premier ministre a pris la bonne décision qui consistait non pas à rester dans le flou, mais à dire clairement que le gouvernement renonçait à cette mesure parce que les conditions n'étaient pas remplies", a expliqué Emmanuel Macron. "Les choses sont claires, en bon ordre et derrière nous", a-t-il ajouté, avant de conclure dans un sourire : "Ça s'appelle le pragmatisme". 

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"On a vu le risque"

Pour le chef de l'Etat, la mesure comportait également le risque d'un "impact négatif" sur le pouvoir d'achat des retraités, qui avaient déjà pâti il y a un an de la hausse de la CSG - finalement abandonnée - et du gel de leurs pensions. On se souvient que ces mesures très impopulaires avaient largement contribué au mouvement de contestation sociale de l'hiver dernier. 

"On a vu le risque, celui de détourner l'attention de l'essentiel, de se disperser, et cela pour 145 millions d'euros", a indiqué à LCI une source à l'Elysée, pour justifier le repli de l'exécutif. C'est Emmanuel Macron qui a demandé à Edouard Philippe de "rappeler" cette mesure. Côté Matignon, une autre source explique à LCI que le gouvernement a fait face, après l'annonce du coup de rabot, à des retours "très durs" des "corps intermédiaires et des fédérations d'employeurs". Deux options se présentaient alors : "cadrer" la réforme, c'est-à-dire tenter de convaincre de son bien fondé, ou renoncer purement et simplement. 

Une proposition de Muriel Pénicaud

Dans le cadre du débat budgétaire, l'exécutif avait demandé à chacun des ministres d'étudier les "niches" fiscales afin de les évaluer. Selon la source à Matignon, la proposition du coup de rabot sur les cotisations sociales des aides à domiciles avait été avancée par la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, qui souhaitait affecter les économies réalisées sur les emplois francs et les emplois aidés. 

Le projet initial a également fait réagir chez les députés LaREM. Des voix se sont fait vivement entendre lors d'un petit déjeuner de majorité mardi matin, en présence d'Edouard Philippe, qui a "entendu" les critiques. "La décision était difficile à porter en tant que telle", admet un responsable LaREM auprès de LCI. "En début de quinquennat, peut-être que notre majorité n'aurait pas été aussi réactive sur le sujet." C'était avant le long épisode des Gilets jaunes. 

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