Accident de Millas : des pistes pour éviter un nouveau drame

Accident de Millas : des pistes pour éviter un nouveau drame

TRANSPORTS - Un rapport parlementaire sur la sécurité des passages à niveau remis vendredi 12 avril au gouvernement recommande notamment de porter l'attention sur des aménagements bien conçus à leurs abords plutôt que de les remplacer par des ponts.

Des aménagements plutôt que des ponts. C'est, en substance, ce qui ressort d'un rapport parlementaire commandé après le drame de Millas, et publié vendredi 12 avril. Des actes devraient désormais suivre, puisque la ministre des Transports a annoncé qu'elle réunirait le 29 avril le comité de suivi de la sécurité ferroviaire, "afin de débattre de ces pistes et de décider des actions à engager".  

Dans ce rapport publié seize mois après l'accident mortel d'un car de collégiens à Millas (Pyrénées-Orientales), la députée LaRem de la circonscription Laurence Gayte dévoile des pistes. Elle propose ainsi de "réorienter les financements de l'Etat et de SNCF Réseau en priorité sur des aménagements plutôt que sur des dénivellations" consistant à la construction de ponts. "Des actions de quelques dizaines de milliers d'euros peuvent apporter une réelle amélioration de la sécurité" quand un pont coûte de 10 à 20 millions d'euros, écrit-elle, ajoutant que les collectivités locales devraient mettre la main au portefeuille quand leurs projets d'aménagements accroissent la circulation.

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Certes, un "plan de sécurisation national" lancé en 1997 prévoyait la suppression de 437 passages à niveau "préoccupants". Au total, 282 ont été supprimés depuis et il en reste 155 à traiter. Mais ces franchissements jugés les plus dangereux n'ont concerné que 11% des accidents ces trois dernières années, relève la députée. "Cela veut bien dire qu'on ne peut limiter l'attention des pouvoirs publics à ces seuls passages à niveau", souligne l'élue. La France en compte 15.405 en tout, selon son rapport. L'élue propose de mieux identifier les risques, d'optimiser les équipements - en améliorant la signalisation ou allongeant le cycle de fermeture - de réduire la vitesse routière aux abords des passages à niveau, de renforcer les sanctions, de mieux organiser la politique de sécurisation et de mieux répartir les financements.

On estime en France qu'il y a chaque année entre 30 et 40 morts, soit 1% environ de la mortalité routière, sur les passages à niveau, selon la députée. A Millas, six collégiens sont morts dans une collision entre leur bus et un train régional en décembre 2017. "Le nombre d'accidents et de tués aux passages à niveau est et reste insupportable. Nous ne pouvons pas nous résoudre à la fatalité", a déclaré la ministre des Transports Elisabeth Borne, recevant le rapport vendredi matin.

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