Politique

Réseau "villes solidaires" à gauche, prises de position d'élus à droite, les déclarations en faveur de l'accueil des réfugiés syriens se multiplient dans les villes françaises. Pour y mettre un peu d'ordre, le ministre de l'Intérieur réunira samedi l'ensemble des élus locaux qui se sont portés volontaires. Car derrière la solidarité se posent des questions de moyens, notamment pour loger les nouveaux migrants.

Ils sont déjà des dizaines, bientôt peut-être des centaines. Des maires de gauche, de droite, de petites et de grandes communes. Après le feu vert du gouvernement et de François Hollande à l'accueil de réfugiés syriens en France, on ne compte plus les prises de position favorables des élus locaux à l'élan de solidarité qui traverse l'Europe. Cas extrême : la proposition du maire socialiste de Metz, Dominique Gros, d'ouvrir les portes de son propre appartement à des migrants , comme il l'a demandé à ses administrés.

Comme lui, de nombreux élus socialistes répondent à l'appel des "villes solidaires" lancé depuis jeudi dernier par le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis. Parmi les grandes et moyennes villes, on compte désormais Besançon, Rennes, Nancy, Epinal, Thionville, Nantes, Saint-Nazaire ou encore Strasbourg, Lille, Dijon, Rouen, Clermont-Ferrand et, en région parisienne, Sarcelles (Seine-Saint-Denis) et Alfortville (Val-de-Marne). Sollicité par metronews, l'entourage du patron du PS n'était pas en mesure lundi de fournir une comptabilité exhaustive. Toutefois, la "collecte" en cours semble indiquer que les édiles socialistes ont répondu présents à son appel.

"Sortir des postures politiques"

Mais pas seulement eux. Malgré la défiance du président de l'Association des maires de France François Baroin (Les Républicains), et l a demi-mesure polémique d'Yves Nicolin , maire de Roanne (LR), qui ne souhaite accueillir que des réfugiés "chrétiens", des élus de droite ont répondu présent. A commencer par Gaël Perdriau, maire (LR) de Saint-Etienne, qui a lancé un vibrant appel pour "sortir des postures politiques" face à "une situation d'urgence humanitaire". Lundi, le maire de Bordeaux, Alain Juppé, a également affirmé que sa ville, ainsi que la métropole bordelaise, étaient "disponibles pour accueillir des migrants" et que "plusieurs sites ont déjà été identifiés".

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Au-delà de la bonne volonté, des questions très concrètes vont rapidement se poser. Les conditions d'accueil des réfugiés dans les communes concernées devront être précisées lors d'une réunion des édiles et du ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, prévue ce samedi. "A Sarcelles, cela fait déjà un an que nous accueillons des réfugiés, chrétiens d'Orient ou kurdes, explique à metronews le maire PS François Pupponi. Nous avons l'expertise, nous savons le faire. Mais c'est à l’État de débloquer des moyens pour financer l'accueil et surtout le logement de ces personnes."

Le maire UDI d'Agen, Jean Dionis du Séjour, va plus loin. "Il y a plusieurs dossiers de fond à régler", explique l'édile, qui s'est dit favorable à l'accueil. "Il faudra déterminer quels logements on mobilise. Après, il faudra regarder quel statut sera donné à ces personnes. Ensuite, il faudra se poser la question de l'accès à l'école. Enfin, au bout de deux ou trois mois, se posera celle du cadre dans lequel ces réfugiés pourront travailler." Derrière le vaste mouvement de solidarité, les élus locaux se préparent donc déjà à la phase concrète de l'accueil. Le maire d'Agen prévient : "Vous pourrez compter sur les maires pour faire atterrir l'administration de l'Etat".

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