Accusations contre Hulot : Macron et le gouvernement font bloc derrière le ministre

REACTIONS - Après les démentis de Nicolas Hulot sur BFMTV concernant des accusations de harcèlement sexuel, les responsables politiques oscillaient jeudi 8 février entre prudence et soutien au ministre. Edouard Philippe a jugé n'avoir "aucune raison de douter de sa parole". L'Elysée a également assuré le ministre de "toute sa confiance".

Prudence, appels à respecter la présomption d'innocence, et soutien pour certains. Plusieurs responsables politiques ont réagi ce jeudi matin au démenti apporté par Nicolas Hulot au micro de Jean-Jacques Bourdin à propos de rumeurs de harcèlement sexuel qui pourraient être publiées prochainement dans la presse.


Alors que Nicolas Hulot a dénoncé "une meute invisible", se disant "en rage" et touché par ces accusations, le Premier ministre Edouard Philippe lui a adressé "un message de soutien" à son ministre de la Transition énergétique. "Nicolas Hulot s'est exprimé avec sincérité et émotion sur les rumeurs dont il est l'objet depuis plusieurs jours. Ses explications ont été claires, précises, et nous n'avons aucune raison de douter de sa parole", a indiqué Matignon dans une déclaration recueillie par LCI. Réaction identique à l'Elysée, où une source a indiqué à LCI que le ministre gardait "toute la confiance du président de la République". Nicolas Hulot a informé Emmanuel Macron dès qu'il a été informé "des rumeurs de publication". 


Vendredi matin, sur BFMTV, Gérard Collomb a précisé qu'Emmanuel Macron s'était directement adressé à Nicolas Hulot pendant le conseil des ministres. "Il a commencé son propos en disant qu'il comprenait que c'était des moments difficiles, qu'il devait tenir dans ces moments-là", a indiqué le ministre de l'Intérieur. "C'était un moment d'émotion, on voyait qu'il était très affecté."

Un peu plus tôt, le député LREM Matthieu Orphelin, proche de Nicolas Hulot, a également salué sur Twitter "une mise au point sincère et précise" du ministre, ajoutant : "Il n'y a aucune affaire".

Prudence

Le patron des députés Les Républicains, Christian Jacob, a, lui, dénoncé la "rumeur permanente" visant les responsables politiques. "Soit il y a des faits, soit il n'y en a pas" a-t-il jugé sur LCP, qualifiant la situation d’"insupportable". Interrogé sur France Inter, l'ancien candidat DLF à la présidentielle Nicolas Dupont-Aignan a estimé pour sa part que c'était à la justice de "faire son oeuvre". "Il faut une justice, une impartialité, et on ne peut pas non plus mettre en pâture tout et n'importe quoi, on ne sait pas à l'avance", a réagi le député de l'Essonne.


"Attention à ne pas rentrer dans une époque de la rumeur permanente et de la suspicion", a également mis en garde le député LREM du Val-de-Marne Laurent Saint-Martin, interrogé par LCI à l'Assemblée nationale. "Il a toute sa place au gouvernement, la question ne se pose même pas. Quand la justice est passée, elle est passée", en référence à une plainte concernant des allégations remontant 1997, classée sans suite en 2008. 

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Laurent Saint-Martin : "Nicolas Hulot a toute sa place au gouvernement"

"On enfreint la présomption d'innocence", a également estimé le député LREM Sacha Houlié, estimant que "ce jeu qui consiste à mettre en accusation sans d'avoir d'élément, sans que la justice ne se soit saisie, ce n'est pas sain". Pour l'Elysée, il n'y a aucune raison pour qu'une éventuelle démission de Nicolas Hulot soit envisagée. "La jurisprudence est claire", indique-t-on à LCI. "Tant qu'il n'y a pas de mise en examen, il n'y a pas de démission en jeu. La plainte a été classée sans suite."

La FNH n'a eu connaissance d'aucun agissement répréhensible ou conduite inappropriée de la part de Nicolas HulotLa Fondation pour la Nature et l'Homme (FNH) dans un communiqué

Dans un communiqué diffusé dans l'après-midi, la Fondation pour la Nature et l'Homme (FNH), créée en 1990 par l'ex-animateur d'Ushuaïa et présidée par Audrey Pulvar depuis juin 2017, a elle aussi réagi. "Pendant plus de 25 ans, la FNH a partagé l’engagement écologique, l'action et les convictions de son ex-président. Tout au long de ces années, la FNH n'a eu connaissance d'aucun agissement répréhensible ou conduite inappropriée de la part de Nicolas Hulot", assure le texte, soulignant avoir "travaillé avec lui dans la plus grande confiance et transparence" 

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