Accusations contre Nicolas Hulot : le coup de gueule de Marlène Schiappa

Politique
"IRRESPONSABLE" - Silencieuse depuis la parution de l'article du magazine Ebdo sur des accusations de violences sexuelles visant Nicolas Hulot, la secrétaire d'Etat en charge de l'égalité femmes-hommes Marlène Schiappa a pris la parole dans une tribune publiée ce dimanche dans le JDD. Elle y dénonce l'irresponsabilité de cet article qui ne sert "ni la crédibilité de la parole des femmes, ni la lutte contre les violences sexistes et sexuelles".

Elle ne s'était pas exprimée sur l'affaire jusqu'à présent. Dans une tribune publiée dans le Journal du Dimanche, la secrétaire d'Etat chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa a réagi à l'article du magazine Ebdo paru vendredi accusant Nicolas Hulot de violences sexuelles. Et le jugement de la ministre est sans ambiguité : "Je le trouve irresponsable, cet article. Quand j’entends sur un plateau de télévision l’une de ses auteurs dire solennellement qu’elle appelle les femmes victimes de viol, 'par lui ou un autre', à contacter la presse, je trouve cela abject. Parler d’une agression sexuelle pour la première fois doit pouvoir se faire dans un cadre sécurisé, pour le bien de la victime, auprès de personnes formées ou empathiques qui n’ont aucun intérêt personnel à l’orienter vers tel ou tel point" écrit-elle.

"Cet appel est irresponsable pour les hommes accusés, peut-être innocents mais condamnés a priori par des articles, et pire, c’est irresponsable pour les réelles victimes de viol. Supporter la médiatisation à l’extrême, le déballage de leur vie intime dans les journaux, leur nom en couverture sans y être préparées, associé à des récits de leurs pratiques sexuelles réelles ou supposées : qui nous garantit que ce sera sans effet sur elles ?" continue-t-elle. Selon la secrétaire d'Etat, "la justice se rend dans les tribunaux, pas les médias".

J’ai été choquée par une phrase de la journaliste indiquant qu’aucune preuve ne pouvait exister pour caractériser une agression sexuelle." Marlène Schiappa

"Je ne sais pas quelle cause sert L’Ebdo. Mais ce n’est ni la crédibilité de la parole des femmes ni la lutte contre les violences sexistes et sexuelles" écrit Marlène Schiappa. "J’ai été profondément choquée par une phrase de la même journaliste indiquant qu’aucune preuve ne pouvait exister pour caractériser une agression sexuelle. Comment peut-on dire cela ? Dans quel but ? Inciter les femmes à renoncer à la justice pour se tourner vers son journal ? Des preuves peuvent exister ! Et quand il n’y a pas de preuves, charge à l’instruction d’établir des faisceaux d’indices concordants, de témoignages. C’est l’un des buts d’une plainte, d’un procès." 


"Dans l’article accusant Nicolas Hulot, on apprend que la femme présentée comme sa victime ne souhaitait pas médiatiser sa plainte. Si je comprends bien, ni lui ni elle n’ont voulu la médiatisation ? Comment ce journal peut-il alors prétendre œuvrer pour 'la parole des femmes', puisqu’il bafoue le souhait de celle-ci de garder sa parole privée ?" fulmine-t-elle. En plus, selon elle, "cet article mettant sur le même plan des ragots de harcèlement sexuel (démentis même par la femme supposée harcelée !), une plainte pour viol classée et le mouvement de libération de la parole des femmes, offre une occasion en or à celles et ceux qui voulaient discréditer #MeToo".

Contrairement à ce qui est sous-entendu, je ne m’exprime pas publiquement sur tous les sujets."Marlène Schiappa

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Enfin, alors que la secrétaire d'Etat avait été décriée pour sa prise de position contre le plaidoyer des avocats de Jonathann Daval sur les chaînes d'information en continu, elle a tenu à expliquer dans cette tribune que "contrairement à ce qui est sous-entendu, je ne m’exprime pas publiquement sur tous les sujets. D’abord, je ne prends jamais la parole sur ce qui ne relève pas de mon champ de compétences. Ensuite, vous ne m’avez, par exemple, pas entendue prononcer un seul mot sur des accusations de viol de responsables politiques socialistes. Pour une raison simple : je crois que le viol est une affaire trop grave pour être instrumentalisée politiquement."

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