Accusations d'antisémitisme : le travailliste britannique Jeremy Corbyn de nouveau sous le feu des projecteurs

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L'OEIL - Le leader du parti travailliste britannique est au coeur d'une polémique développée par la presse conservatrice et le Premier ministre israélien nationaliste Benyamin Netanyahu, qui s'indignent de l'avoir vu déposer une gerbe de fleurs dans un cimetière où reposent les terroristes de l'attentat de Munich, en 1972.

C'est une photo qui fait tâche et dont la presse britannique fait ses gorges chaudes. Le tabloid conservateur Daily Mail a publié en Une, samedi 11 août, la photo de Jeremy Corbyn, le leader de l'opposition travailliste, le montrant en train de déposer une gerbe de fleurs dans un cimetière tunisien, sur des tombes palestiniennes. Jusque-là, rien d'étonnant de la part d'un leader travailliste aux positions pro-palestiniennes bien connues. Là où le bât blesse, c'est que reposent dans ce cimetière le fondateur de Septembre Noir, l'opération terroriste qui avait assassiné plusieurs athlètes israéliens aux Jeux olympiques de Munich, en 1972, et que Corbyn est accusé d'avoir assisté à une cérémonie lui rendant hommage, ainsi qu'à son bras droit. 


Critique virulent de la politique israélienne à l'égard de la Palestine, Jeremy Corbyn, lui, plaide avoir assisté à un hommage à 47 Palestiniens tués dans une attaque aérienne palestinienne sur une base de l'Organisation de libération de la Palestine en 1985. Une précision que n'a pas entendu Benyamiun Netanyahu, le Premier ministre israélien, fervent défenseur de l'expansion israélienne dans les colonies palestiniennes et qui a réclamé "la condamnation sans équivoque de tous". 


Cette polémique intervient alors que, depuis plusieurs années, le parti travailliste est accusé de faire preuve de complaisance au sujet de l'antisémitisme dans ses rangs. De nombreux députés et sympathisants du Labour ont tiré la sonnette d'alarme, et regretté que Corbyn n'ait pas condamné les propos de l'ancien maire de Londres Ken Livingstone qui avait lourdement dérapé en affirmant qu'Adlof Hitler était "un sioniste". 


Après de longs mois de silence, Corbyn a reconnu dans une tribune publiée dans The Guardian que son parti n'avait pas suffisamment pris au sérieux les problèmes d'antisémitisme dans ses rangs. Tout en jugeant "exagérée" l'idée développée par trois journaux juifs selon laquelle un gouvernement travailliste constituerait "une menace existentielle" à l'égard des juifs britanniques, il s'est adressé aux antisémites qui se retrouveraient dans son parti : "Les gens qui dispersent le poison de l'antisémitisme doivent le comprendre : vous ne le faites pas en mon nom. [...] Vous n'êtes pas mes supporters et vous n'avez pas votre place dans notre mouvement."

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