Accusations de harcèlement au FN : "Je ne suis pas là pour régler les problèmes des gens qui s’engueulent", répond Marine Le Pen

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HARCÈLEMENT - Dans un article publié par "Le Monde" ce samedi, plusieurs collaboratrices du Front national ont raconté avoir saisi la justice pour des cas de harcèlement ou de violences au sein du parti, regrettant le silence de la direction à ce sujet. Interrogée à ce sujet, Marine Le Pen estime qu'il faut laisser la "justice faire son travail".

Ingrid* a quitté le Front national en mai 2016. Dans un article publié par Le Monde ce samedi, une ex-collaboratrice de Wallerand de Saint-Just, président du groupe FN au conseil régional d'Île-de-France, raconte avoir été victime de harcèlement entre 2015 et 2016 de la part d'un proche de Marine Le Pen, dont elle était proche par le passé. Dès juin 2015, il aurait commencé à lui envoyer des SMS et des mails de menaces notamment contre sa famille, promettant de leur faire "rencontrer la haine et la force". "Tu crois que tu vas t’en sortir comme ça ? J’ai leur adresse", lui aurait-il encore envoyé, assure Le Monde.


En décembre 2015, lorsque la jeune femme obtient son poste au Conseil régional, les menaces s'intensifient. "Une fois que j’ai été embauchée, il me tombait dessus à la moindre occasion, en critiquant tout ce qui pouvait venir de moi, assure-t-elle au Monde. Bref, du harcèlement". Elle indique avoir fait part de ce harcèlement à plusieurs de ses supérieurs, qui se sont tous deux muré dans le silence. La jeune femme a déposé une main courante au commissariat du XVIIe arrondissement de Paris en mai 2016 avant de quitter son poste en deux mois plus tard. 

Silence et inaction du FN

Il y a quelques semaines, c'est une conseillère régionale frontiste d'Ile-de-France, Aurélie Cournet, qui portait plainte contre Pierre-Charles Cherrier, un de ses collègues et son ancien amant, pour des faits de violences en marge d'une séance plénière le 6 juillet dernier. A l'heure actuelle, l'homme, qui devrait passer devant la commission des conflits du Front national, n'a pas encore été suspendu du parti.  Les deux femmes reprochent aujourd'hui à la direction du parti son silence et surtout son inaction.

Je me suis toujours assurée que ceux qui se disaient victimes aient la capacité de déposer une plainte devant la justiceMarine Le Pen

Interrogée en marge d'une conférence de presse ce samedi, la présidente du FN Marine Le Pen a répondu à ces accusations : "Je ne suis pas conseiller conjugal des couples qui se quittent de façon plus ou moins de sympathiques et je ne suis pas là non plus pour régler les problèmes des gens qui s’engueulent au sein du FN, a-t-elle lancé. Car si je faisais ça il me resterait peu de temps pour défendre  la France et les Français".


Et d'affirmer : "Je me suis toujours assurée que ceux qui se disaient victimes aient la capacité de déposer une plainte devant la justice car je crois que ce n’est pas au Front national mais à la justice de régler ce genre de problème. Nous ne sommes pas des policiers et nous ne sommes pas des juges donc laissons la justice faire son travail". 


Elle a également fait part de son intention de porter plainte contre Le Monde.

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