Accusé d'abus de faiblesse, Gérald Darmanin va déposer plainte pour "dénonciation calomnieuse"

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RELATION TROUBLE – Gérald Darmanin est toujours visé par une plainte pour abus de faiblesse. Interrogée par Mediapart, la plaignante affirme que l’ancien maire de Tourcoing a profité de son statut pour l'aider en échange de faveurs sexuelles. Ce mardi matin, le ministre s'est dit "calomnié" et a annoncé le dépôt d'une plainte pour "dénonciation calomnieuse".

Un numéro de portable griffonné sur une carte de visite. Puis une promesse : celle d’appuyer sa demande de logement. Dans un témoignage fleuve publié par Mediapart dimanche, Sarah*, habitante de Tourcoing (Nord), explique ce qui l’a poussée à porter plainte contre Gérald Darmanin pour abus de faiblesse, provoquant l’ouverture d’une enquête préliminaire. "Gérald Darmanin a abusé de moi mais il ne m'a pas forcée à avoir des relations sexuelles avec lui. (...) Je me sentais obligée de le faire pour avoir un logement et un travail", a-t-elle expliqué au sujet de l’actuel ministre de l’Action et des Comptes publics. 


Ce mardi matin, au micro de RTL, ce dernier a nié en bloc ces accusations et annoncé qu'il allait porter plainte pour "dénonciation calomnieuse". "Je n'ai jamais abusé ni légalement ni moralement de qui que ce soit et surtout pas d'une femme", a assuré Gérald Darmanin. "Je vais laisser la justice travailler le plus sereinement possible", a-t-il affirmé, s'estimant "calomnié". 

Selon la plaignante - interviewé par Médiapart -  les faits remonteraient à septembre 2015. Après un premier contact à la mairie, Sarah* correspond régulièrement avec Gérald Darmanin alors maire de la ville depuis 2014. Elle lui transmet ses doléances avant de lui envoyer une photographie "pour pas qu’il ne m’oublie". Le maire l'aurait  reçue finalement dans son bureau. Un rendez-vous expéditif conclu par "quatre bises", indique la plaignante. Après quelques mois, Sarah discute toujours avec Gérald Darmanin dans "un mode de séduction". Un jour, ce dernier se serait rendu chez son administrée qui en aurait profité pour remettre sa demande de logement et sa recherche d’emploi sur la table. 

Moi je me suis dit que c’est ce qu’il attendaitPlaignante

Toujours selon le récit de la Tourquennoise, "il a jeté mon CV. Après, il l’a ramassé et il a commencé à regarder de haut en bas mes cuisses. Il m’a dit : ‘OK, je vais partir’". Il aurait ensuite fait mine d’avoir mal à la nuque. Sarah* l’aurait alors massé. "Après, il s’est retourné vers moi et il m’a dit qu’il était célibataire. Il m’a aussi dit que mon dossier logement, il allait s’en occuper. Il m’a pris la main et il l’a posée sur son sexe. J’avais compris ce qu’il voulait. J’ai déboutonné son pantalon et je lui ai fait une fellation mais je ne suis pas allée jusqu’au bout.", raconte-t-elle. 


Une scène qui se serait répétée quelques minutes après. Puis dans une chambre d’hôtel d’Ivry-sur-Seine au printemps 2016, après que Gérald Darmanin a appuyé sa demande de logement – sans résultat. Sarah précise toutefois qu’elle n’a pas été forcée mais que l’élu lui aurait fait comprendre son souhait "en baissant son pantalon et "son caleçon". "Moi je me suis dit que c’est ce qu’il attendait en échange de son aide pour le logement et le travail", affirme-t-elle à Mediapart

Ses avocats en appellent "à la prudence"

Les avocats de Gérald Darmanin ont rappelé que leur client n’avait "jamais abusé de la faiblesse ou de l’intégrité de quiconque ". Et d’ajouter : "Les seuls éléments en sa possession ont été révélés par la presse dès le lendemain du dépôt de plainte. Ils évoquent une intervention relative à un logement insalubre. Monsieur Gérald Darmanin n’a jamais fait partie d’une commission d’attribution de logements. Il a sollicité cette instance pour des centaines d’administrés comme c’est le cas de tous les élus". 


Les avocats en appellent enfin "à la plus grande prudence" : "Une action en dénonciation calomnieuse est en cours, confirmaient-ils déjà à Mediapart, "la première plainte visant notre client ayant déjà fait l’objet de deux classements sans suite". Pour mémoire, Sophie Patterson-Spatz avait accusé le ministre de l’avoir violée en 2009. Une plainte finalement classée sans suite mi-février, l'enquête n'ayant "pas permis d'établir l'absence de consentement", d’après le parquet de Paris.


*Le prénom a été modifié 

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