Accusé de "duplicité" par François Hollande, Emmanuel Macron réplique

Accusé de "duplicité" par François Hollande, Emmanuel Macron réplique

POLITIQUE - Dans son ouvrage "Les leçons du pouvoir" publié cette semaine, l'ancien président de la République accuse, à mots couverts, Emmanuel Macron de l'avoir trahi dans l'ombre.

Emmanuel Macron a récusé, dimanche, toute "duplicité" lorsqu'il était conseiller puis ministre de François Hollande, avant d'ajouter qu'être membre d'un gouvernement, ce n'est pas "être un obligé". Une réponse aux attaques de son prédécesseur. Dans son ouvrage "Les leçons du pouvoir" publié cette semaine, l'ancien président accuse Emmanuel Macron de l'avoir trahi dans l'ombre. Ancien conseiller de 2012 à 2014 puis ministre de l'Économie de 2014 à 2016, il aurait nourri des ambitions personnelles que n'aurait pas vu venir l'ex-chef de l'État. 

" J'ai toujours dit ce que je pensais "

Face à cette critique, l'ancien conseiller à l'Elysée s'est défendu, ce dimanche soir, sur BFMTV, et Mediapart. Aux deux journalistes, il a répondu :

Ces cinq années, j'ai toujours dit ce que je faisais et ce que je pensais, y compris quand il fallait assumer des désaccords. (...) Si c'est ça qu'on appelle la duplicité !Emmanuel Macron

Puis, il est revenu sur sa vision de la fonction de ministre. 

Simplement, il y a un malentendu : je ne considère pas qu'être ministre, c'est être un obligé. Dans mon gouvernement, il y a des femmes et des hommes libres, qui sont aussi dans un collectif auquel je crois.Emmanuel Macron

Une pique un peu plus sévère qu'il n'y paraît. Dans la bouche d'Emmanuel Macron, le terme "obligé" n'est pas anodin. En 2016, alors qu'il était ministre de l'Economie, il avait déclaré qu'il n'était pas "l'obligé" de François Hollande. Ce dernier l'avait peu apprécié et lui avait demandé de démentir ses propos.

" Quand j'ai été en désaccord, je suis parti "

Emmanuel Macron lira "sans doute" le livre de François Hollande, qui a "sa part de vérité" et pour lequel il a "du respect". Comme mesure avec laquelle il était en désaccord, en tant que conseiller, Emmanuel Macron a cité la taxe à 75% sur les très hauts revenus. D'ailleurs, "ça n'a pas marché du tout (...) Les injustices, il faut les corriger à la racine, pas au symptôme", a-t-il taclé, avant d'ajouter : 

Quand j'ai été en désaccord, je suis parti, en ne demandant rien [en juillet 2014] et j'ai été rappelé comme ministre [de l'Economie].Emmanuel Macron

Alors, "quand j'ai eu des désaccords avec le Premier ministre (Manuel Valls) ou le président de la République (François Hollande), je les ai dits" et "ils m'ont conduit à prendre une initiative politique", à "quitter le gouvernement", en "démissionnant de la fonction publique, en prenant tous les risques", a souligné Emmanuel Macron.

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