"Acte 9" des Gilets jaunes : l'avertissement de Christophe Castaner (très) critiqué par l'opposition

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FERMETÉ - "Demain, ceux qui viennent manifester dans des villes où il y a de la casse qui est annoncée savent qu'ils seront complices de ces manifestations", a affirmé le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner sur Brut, avant d'être critiqué par des responsables d'opposition et l'ONG Amnesty France.

En s'exprimant dans l'un des médias les plus plébiscités par les Gilets jaunes, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a voulu faire passer un message de fermeté. Mais une phrase prononcé a particulièrement retenu l'attention, et attiré les critiques. "Ceux qui appellent aux manifestations demain savent qu'il y aura de la violence", a affirmé le ministre dans une interview diffusée en direct sur Brut, avant de poursuivre : "Et donc ils ont leur part de responsabilité. Demain, ceux qui viennent manifester dans des villes où il y a de la casse qui est annoncée savent qu'ils seront complices de ces manifestations-là."

Plusieurs responsables de partis d'opposition, à gauche et à droite, on dénoncé cette affirmation, y voyant une remise en cause du droit de manifester, tout comme l'ONG Amnesty France, qui a interpellé Christophe Castaner et publié un mémo juridique sur le droit de manifester.

Parmi les politiques ayant réagi à l'avertissement du ministre de l'Intérieur, on trouve des responsables de la France insoumise, comme Danielle Simonnet, qui ironise sur Twitter en affirmant "Mais non, le gouvernement ne cherche pas à mettre de l’huile sur le feu, entre @CCastaner qui décrète par anticipation tout manifestant responsable des violences à venir et @EmmanuelMacron qui les traite de fainéants". 

Marine Le Pen évoque pour sa part "un nouveau dérapage terriblement inquiétant" et affirme que "les libertés publiques et constitutionnelles doivent être respectées par tous et a fortiori par le Ministre de l'Intérieur". D'autres ex-candidats à la présidentielle ont pointé la déclaration de Christophe Castaner.

Christophe Castaner a également réagi à l'initiative du Défenseur des droits Jacques Toubon qui a ouvert une enquête pour examiner d'éventuelles atteintes à la liberté de manifester. "Il n'y a pas dans notre pays d'atteinte à la liberté de manifester", a insisté le ministre, rappelant que si une manifestation est "déclarée, elle n'a même pas à être autorisée" : "Le droit français est simple : vous déclarez et automatiquement, vous avez le droit d'aller manifester".

Le discours de Christophe Castaner aux CRS

Plus tard dans l'après-midi, Christophe Castaner s'est exprimé devant une compagnie de CRS du Val-de-Marne. À l'adresse des policiers, mais aussi des journalistes présents et des Français, il a affirmé qu'"il n'y a pas deux forces qui se valent. Il y a des gens qui attaquent nos institutions, qui attaquent nos uniformes, qui attaquent nos forces de sécurité, avec la force, avec la violence". Et d'ajouter que "ceux qui pensent qu'à quelques milliers de personnes, on peut mettre en cause nos institutions, se trompent".

"Il y a depuis quelques temps un espèce d'amalgame, qui consisterait à penser qu'il faut vous laisser vous faire attaque, vous faire violenter, vous faire lyncher, comme on l'a vu hélas samedi dernier, et que vous ne seriez pas en capacité de réagir. Vous l'êtes. Et comme l'a rappelé votre chef, vous l'êtes de façon proportionnée. Vous êtes équipés pour cela", a également affirmé le ministre de l'Intérieur. "Donc il est essentiel que vous gardiez à l'esprit cette responsabilité, cette exemplarité là. Et je sais que vous l'avez, et que les CRS sont l'honneur de notre pays dans ces moments de tension."

En vidéo

Christophe Castaner s'exprime sur le dispositif de sécurite pour "l'acte 9"

"Nous souhaitons demain qu'il y ait un effet de sidération par votre capacité à être présents, à intervenir (...) et à faire en sorte que ceux qui viendront vous provoquer soient immédiatement interpellés", a poursuivi Christophe Castaner, affirmant que avoir de "nombreuses remontées par notre renseignement que celles et ceux qui pensent que dans ce pays, plutôt que de débattre ils faut se battre, sont mobilisés pour demain".

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