Affaire Air cocaïne : Nicolas Sarkozy prépare sa riposte

Affaire Air cocaïne : Nicolas Sarkozy prépare sa riposte

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REACTION - L’avocat de l’ancien président s’est indigné lundi des investigations à l’encontre de son client dans l’affaire Air Cocaïne détaillées la veille dans le JDD. Thierry Herzog menace de porter plainte.

Pas de plainte pour l'heure, mais des menaces. Objet d'investigations dans le cadre de l'enquête sur l'affaire Air cocaïne, Nicolas Sarkozy a promis de riposter par la voix de son avocat. Lundi matin, interrogé sur Europe 1 , Me Thierry Herzog a affirmé qu’il enverrait "une lettre au procureur de la République de Marseille pour savoir dans quelles conditions des investigations aussi approfondies ont été faites sur le président Sarkozy". L’avocat a dénoncé "une atteinte à l’intimité de la vie privée" et "des mesures coercitives" à l’encontre de son client.

Une réaction qui fait suite aux informations parues dans le Journal du Dimanche. L'hebdomadaire explique que la juge Christine Saunier-Ruellan – en charge de l'enquête sur la découverte des 700 kilos de cocaïne à Punta Cana en mars 2013, et sur un trafic de drogue plus large entre la France et la République dominicaine via des jets privés – à cherché à savoir si Nicolas Sarkozy était mêlé à l'affaire. Pour ce faire, elle aurait épluché ses fadettes et géolocalisé son téléphone portable. Rien de nouveau pourtant sous les tropiques, puisque ces informations avaient déjà été publiées il y a un mois dans un livre L'Affaire Air Cocaïne, mafia et jets privés*. Marc Leplongeon, le journaliste du Point, qui a coécrit cette enquête fouillée, a réagi dimanche en indiquant que "Non, Nicolas Sarkozy n'a pas tenté d'importer 700 kilos de drogue en France. Et non, la juge d'instruction marseillaise chargée de l'affaire "Air Cocaïne", Christine Saunier-Ruellan, n'a pas 'soupçonné l'ancien président d'avoir été en prise avec le trafic de drogue de République dominicaine', comme l'affirme à tort le Journal du dimanche".

Acharnement judiciaire ?

Une mise au point suivie d'un rappel : la juge d'instruction a en effet enquêté sur les vols en jet privé de Nicolas Sarkozy. En 2013, au moment de l'arrestation des quatre Français sur le tarmac de Punta Cana, les enquêteurs avaient découvert que Nicolas Sarkozy avait utilisé le même Falcon incriminé durant cette période pour se rendre à des conférences. Des vols facturés à la société d’un des amis de l'ancien chef d'Etat, Stéphane Courbit, via sa compagnie Lov Group. Après vérifications de la juge, cette partie de l'affaire sera jugée sans lien avec le trafic de stupéfiants. Elle sera alors confiée à des juges financiers à Paris qui enquêtent sur un possible abus de bien social au préjudice de Lov Group. "Evidemment, la juge d’instruction n’a jamais pensé que Sarkozy était un trafiquant de drogue. En revanche, ces vols payés par une autre société l’ont intriguée, et pour elle, ça s’appelle de l’abus de bien social", a expliqué dimanche à 20 Minutes Marc Leplongeon.  Et "évidemment, les défenseurs de Sarkozy y voient l’illustration de l’acharnement de la justice contre lui. Et objectivement, cela s’apparente à un excès de zèle", poursuit-il.

Car au-delà des investigations d'usage, la juge a demandé les relevés téléphoniques de Nicolas Sarkozy sur une année entière. De quoi agacer son avocat. "Je n'accepte pas qu'il soit moins bien traité qu'un autre. J’imagine que tous les clients de cette société d’aviation ont été soumis au même traitement. Que tous les clients se sont vu faire leurs fadettes, se sont vu géolocaliser", a asséné Me Herzog pour qui il "y a en tous les cas une volonté de traiter le président Sarkozy différemment des autres citoyens". "Nous ne demandons pas pour lui de traitement de faveur, je ne demande pas qu’il soit mieux traité qu’un autre, en revanche je n’accepte pas qu’il soit moins bien traité qu’un autre", a-t-il conclu.

EN SAVOIR + >> Notre dossier complet sur l'affaire

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