Affaire Benalla : le numéro d'équilibriste d'Edouard Philippe devant les députés

Affaire Benalla : le numéro d'équilibriste d'Edouard Philippe devant les députés

AFFAIRE BENALLA - Interrogé à de nombreuses reprises sur l'affaire Benalla pendant la séance de questions au gouvernement ce mardi 24 juillet, le Premier ministre a défendu la présidence tout en évoquant un Etat qui n'est pas "infaillible". Un numéro d'équilibriste dans le cadre d'un dossier épineux qui ne concerne en rien Matignon.

Un rendez-vous très attendu. La séance des questions au gouvernement, ce mardi 24 juillet, était pour les députés l'occasion de confronter le Premier ministre Edouard Philippe, jusque-là peu bavard, à l'affaire qui secoue l'exécutif depuis une semaine. L'exercice était périlleux, car le scandale Benalla, qui implique la préfecture de police de Paris et le cabinet de la présidence, concerne finalement peu Matignon. Sur la corde raide, entre défense de la tête de l'Etat et semi-introspection, Edouard Philippe a déroulé une défense posée. 

Pourtant, peu de répit lui a été accordé. Quelques députés LaREM ont bien tenté de faire diversion en interrogeant Marlène Schiappa, Elisabeth Borne ou encore Stéphane Travert sur d'autres thématiques, mais l'essentiel des questions - dix au total - ciblaient bien le Premier ministre et son rapport à l'affaire du moment - à savoir les violences commises en marge de la manifestation du 1er mai par le collaborateur de Macron, brassard de police au bras.

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Une sanction "proportionnée"

Sa ligne de défense face aux députés peut se résumer en deux points : battre en brèche l'argument selon lequel l'exécutif a attendu les révélations du Monde avant d'agir, d'une part, et d'autre part admettre que l'Etat n'est pas infaillible. "Lorsque ces faits choquants et inacceptables ont été connus, le cabinet du président de la République a pris la décision d'une mise à pied, immédiatement après avoir eu connaissance des faits. La sanction a été prise." Il poursuit, répondant à Christian Jacob, qui a annoncé vouloir déposer une motion de censure contre le gouvernement : "Nul dans notre pays n'est au-dessus de la loi. (...) En moins d'une semaine, une enquête a été commandée par l'Intérieur auprès de l'IGPN, une enquête ouverte par le parquet de Paris. Elles ont donné lieu à cinq mises en examen. Deux commissions d'enquête ont été décidées et les auditions ont commencé. Tout cela en moins d'une semaine. Vous savez que cette réaction administrative, judiciaire est rare. Que cette intensité est rare."

Circulez, il n'y a rien à voir du côté d'une éventuelle impunité. C'est en tout cas le message qu'a souhaité faire passer Edouard Philippe aux parlementaires, quand bien même l'ouverture des enquêtes judiciaires n'a eu lieu qu'après les révélations du Monde. Concernant la sanction appliquée par l'Elysée lorsque ce scandale dormait encore à l'ombre - deux semaines de mise à pied sans salaire - Edouard Philippe, bon soldat, affirme et répète que cette décision lui semble "proportionnée". 

"Police parallèle" contre "individu isolé"

Deuxième argument, et pas des moindres : une "République exemplaire, ce n'est pas une République infaillible". Ici, Edouard Philippe veut tirer un trait sur l'hypothèse, soulevée par l'opposition, d'une "police parallèle". "Lorsqu'un comportement n'est pas jugé acceptable, il faut en tirer les conséquences, respecter les procédures et faire en sorte qu'elles se passent dans la transparence", dit-il. "Je pense que le comportement d'un individu ne vient pas jeter l'opprobre sur les autres individus", précise-t-il, usant du pare-feu bien utile de "l'individu isolé". 

En face de lui, certaines interpellations sont virulentes. Olivier Faure, député Nouvelle Gauche, tire à boulets rouges et n'hésite pas à affirmer que "le pouvoir sait, le pouvoir cache et depuis jeudi, le pouvoir ment". "Non, monsieur Benalla n'a pas été cantonné à des tâches administratives, non il n'est pas devenu bagagiste (...) Aujourd'hui, il y a un clan qui s'autorise tout." Réponse du Premier ministre, qui plaide une fois de plus la transparence : "Nous ne couvrons rien, toute la lumière sera faite." Une façon, peut-être, d'anticiper les futures révélations d'une saga qui n'en finit plus de rebondir. 

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