Affaire Benalla : Philippe Mizerski, "troisième homme" et policier chargé d'accompagner Alexandre Benalla

ENQUÊTE - Un homme présenté comme un policier a été filmé plusieurs fois aux côtés d'Alexandre Benalla le 1er mai. Des personnalités de la France insoumise disent l'avoir vu lors de la marche en hommage à Mireille Knoll.

Sur les images de la place de la Contrescarpe, le 1er mai dernier, il y a Alexandre Benalla, le "monsieur sécurité" d'Emmanuel Macron, au visage désormais connu. Il y a Vincent Crase, le gendarme de réserve présent à ses côtés place de la Contrescarpe, ce 1er mai 2018. Et il y a Philippe Mizerski, filmé plusieurs fois aux côtés d'Alexandre Benalla ce même 1er Mai. Parfois coiffé d'un bonnet, portant une paire de lunettes et un manteau noir, il a fait irruption dans l'affaire après avoir été "formellement" reconnu par Jean-Luc Mélenchon, qui le désigne comme "l'homme qui lui a donné l'ordre de se retirer" de la marche silencieuse en l'honneur de Mireille Knoll, en mars 2018.

Dans une autre vidéo obtenue par Libération, on le voit également aux côtés d'Alexandre Benalla et Fabien Crase, désignant les deux manifestants violentés par les deux hommes par la suite. Opération au cours desquelles le chargé de mission de l'Elysée multiplie les directives, et durant lesquelles Philippe Mizerski, pour reprendre les propos de Libération, "paraît détaché des événements pendant toute la séquence". 

Ce troisième homme est présent à côté d'Alexandre Benalla le 1er mai en plusieurs endroits

"Sur une photo, j'ai reconnu formellement l'homme qui m'a demandé, ainsi que mes camarades parlementaires, de me retirer de la marche silencieuse où nous avons été agressés par des membres de la Ligue de défense juive", avait indiqué au surlendemain des révélation le chef de file des députés insoumis. Et de se demander : "Qui est ce personnage ? Combien y en a-t-il de cette sorte ? Voilà pourquoi il nous faut une réponse. Est-ce qu'à côté des services de sécurité de l'État, qui n'ont jamais été défaillants, il y a un groupe privé qui s'est auto-attribué le rôle de protection du chef de l'État et d'infiltration des manifestations ?"


Avant cette intervention de Jean-Luc Mélenchon, plusieurs proches de la France insoumise avaient publié des captures d'écran de vidéos sur lesquelles on voit cet homme, d'abord aux côtés d'Alexandre Benalla le 1er mai à Paris, puis lors de la marche pour Mireille Knoll, le 28 mars 2018, au cours de laquelle Jean-Luc Mélenchon et d'autres insoumis ont été pris à partie.

En vidéo

VIDÉO Marche blanche en mémoire de Mireille Knoll : Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon hués

L'homme est un policier chargé d'accompagner Alexandre Benalla pour le compte de la préfecture

BuzzFeed a d'abord indiqué ce jeudi soir que ce "troisième homme" est présenté comme un policier par la préfecture de police, qui ne souhaitait pas faire d'autre commentaire. Selon les informations de LCI, cet homme en civil est un major de police affecté à la brigade d’information de la voie publique (BIVP), des policiers en civil qui identifient et interpellent les casseurs dans les manifestation, et qui dépendent de la Direction de l'ordre public et de la circulation (DOPC) de la préfecture de police.


Le 1er mai 2018, ce major était là pour encadrer Alexandre Benalla, présent en tant qu'observateur. "On lui a mis à disposition un major, ce qui montre que Benalla est officiellement pris en compte", a d'ailleurs indiqué au Monde David Le Bars, membre du Syndicat des commissaires de la police nationale (SCPN).


Des hypothèses mises à mal par l'audition d'Alain Gibelin, lundi 23 juillet devant la commission d'enquête. Face aux députés, le patron de la direction de l'ordre public et de la circulation a indiqué qu'il n'aurait, lui, pas choisi Philippe Mizerski pour accompagner le chargé de mission de l'Elysée : "Les conditions dans lesquelles Simonin [un des trois officiers mis en examen pour détournement de vidéo-protection, qui a en sus organisé l'accueil de Benalla, ndlr] a missionné Mizerski aux côtés d'Alexandre Benalla sont complètement floues". 


Philippe Mizerski, qui a assisté aux violences sans réagir, et dont on ignore s'il a prévenu sa hiérarchie de ce qu'ont fait Crase et Benalla, sera-t-il à un moment donné auditionné par la commission d'enquête de l'Assemblée nationale, mise sur pied depuis le lundi 23 juillet ? En dépit de plusieurs demandes du groupe France insoumise, la question reste pour le moment sans réponse.


De son côté, Alexandre Benalla à chercher à l'absoudre pour son inactivité, ce jeudi au Monde : "Je me mets à sa place : c’est un major de police, il y a un collaborateur du président de la République avec lui, il ne va pas m’attraper par le cou et me mettre par terre. Ce n’est pas lui qui est fautif. Ce qui a été sous-dimensionné [...] c’est le dispositif qui était censé encadrer un collaborateur du président venant sur ce type d’événement."

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