Affaire Bettencourt : non, Nicolas Sarkozy ne pourra pas récupérer ses agendas

Affaire Bettencourt : non, Nicolas Sarkozy ne pourra pas récupérer ses agendas

DirectLCI
CONFIDENCES – La Cour de cassation a validé ce mardi, la saisie des agendas de Nicolas Sarkozy dans le cadre de l'affaire Bettencourt. Une décision qui permet à la justice d'accéder à de nombreuses informations, potentiellement cruciales dans d'autres affaires visant l'ancien Président.

Coup dur pour Nicolas Sarkozy. La Cour de cassation a en effet jugé irrecevable le pourvoi de l'ex-chef d'Etat contre la saisie de ses agendas. Si l'ancien Président a déjà été mis hors de cause dans un volet de l'affaire - les juges le soupçonnaient d'abus de faiblesse à l'encontre de la milliardaire - ses carnets saisis lors d'une perquisition seront donc toujours retenus par les juges. Mais que révèlent ces carnets privés ? Metronews rappelle quelques dates clés, qui pourraient bien inquiéter l'ancien hôte de l'Elysée.

Des agendas clés dans l'affaire Tapie

Nicolas Sarkozy est-il intervenu dans la procédure d'arbitrage de Bernard Tapie ? Valider la saisie de ces agendas pourrait ainsi renforcer l'enquête chargée de répondre à cette question. L'homme d'affaires, en litige avec le Crédit lyonnais, a en effet récupéré 405 millions d'euros de l'Etat à l'issue de cette procédure. Et les carnets saisis montrent que Nicolas Sarkozy a rencontré une douzaine de fois Bernard Tapie en pleine période d'arbitrage. Souvent à des moments clés de la procédure, précise Libération . Comme ce 17 novembre 2007, le lendemain de la signature du compromis qui lançait l'arbitrage.

Ces agendas pourraient également aider la justice à y voir plus clair dans le volet fiscal de la deuxième enquête sur Bernard Tapie. L'ancien dirigeant de l'OM est en effet soupçonné d'avoir bénéficié en avril 2009, d'un important cadeau fiscal. Et justement, à la page du 24 janvier 2009 (en plein litige avec le fisc) de l'agenda de Nicolas Sarkozy, une rencontre entre les deux hommes était notée. Avec cette décision de la Cour de cassation, les juges pourraient s'appuyer sur toutes ces rencontres et même aller plus loin. En auditionnant l'ex-chef d'Etat ou en décidant sa mise en examen par exemple.

Des rencontres étonnantes

Les agendas révèlent aussi quelques rencontres VIP, bien moins importantes mais parfois surprenantes. Comme le raconte l'Express , le fils de Johnny, David Hallyday, a ainsi rencontré Nicolas Sarkozy à trois reprises entre 2008 et 2010. Plus étonnant, l'ancien hôte de l'Elysée a reçu Charly Nestor, membre du célèbre duo Charly et Lulu.

Avant que Brigitte Bardot ne déclare sa flamme au Front national, l'ancienne actrice a également été invitée au palais de l'Elysée. Tout comme Jean-Luc Delarue, Patrick Sabatier, Enrico Macias ou Didier Barbelivien. Le 20 février 2008, ce sont les journalistes Jean-Pierre Elkabbach, Alain Duhamel et Catherine Nay qui étaient conviés pour "un verre amical".

Les avocats de Nicolas Sarkozy se montraient déterminés à retirer ses agendas du dossier Bettencourt en arguant "une question de principe". En vain. L'avocat de Nicolas Sarkozy a donc adopté une autre ligne de défense en déclarant ce mardi, être persuadé de "la totale impartialité" de la Cour de cassation.

Plus d'articles

Sur le même sujet