Affaire Business France : vers une mise en examen "probable" d'une ancienne collaboratrice de Muriel Pénicaud dès septembre

Affaire Business France : vers une mise en examen "probable" d'une ancienne collaboratrice de Muriel Pénicaud dès septembre

Politique
DirectLCI
BUSINESS FRANCE - L'ex-directrice adjointe de Business France, et par ailleurs principale collaboratrice de la ministre Muriel Pénicaud, va être convoquée dès septembre par les magistrats en vue de sa mise en examen, selon une information du Canard Enchaîné.

L'affaire Business France va s'accélérer à la rentrée. L'ex-directrice adjointe de l'établissement public devrait être convoquée chez les juges "dès les premiers jours de septembre" par les magistrats en vue d'une "probable" mise en examen, comme l'explique Le Canard Enchaîné ce mercredi. Toujours selon le Palmipède, "les enquêteurs n'ont pas encore fini d'éplucher les courriels échangés, à la fin de l'année 2015, lors de la préparation du voyage d'Emmanuel Macron à Las Vegas, entre les dirigeants de Business France et les membres de son cabinet."


L'hebdomadaire satirique s'interroge aussi sur le sort de l'actuelle ministre du Travail Muriel Pénicaud, et selon lui il est "d'ores et déjà certain que (cette dernière) n'échappera pas à une visite chez les juges". Joint à plusieurs reprises par LCI ce mercredi, l'avocat de Muriel Pénicaud n'a pas donné suite à nos sollicitations. Le ministère du Travail, lui aussi contacté par téléphone, déclare pour sa part ne vouloir faire "aucun commentaire" sur cette affaire, si ce n'est que "Muriel Pénicaud n'a rien à se reprocher à titre personnel". Une ligne de défense déjà avancée par la ministre du Travail dans un communiqué le 7 juillet dernier, lors de l'annonce de l'ouverture par le parquet de Paris d'une information judiciaire pour "favoritisme" et "recel de favoritisme".

Chronologie des faits de l'affaire Business France

  • 18 mars 2017 : les coulisses du Consumer Electronics Show de Las Vegas dévoilés

    Le Canard Enchainé rend compte des coulisses du déplacement d'Emmanuel Macron au Consumer Electronics Show (CES) de Las Vegas en janvier 2016. "Cette opération de séduction, montée dans l'urgence, à la demande expresse du cabinet du ministre, a été confiée au géant Havas par Business France (l'organisme de promotion de la French Tech dépendant de Bercy) sans qu'aucun appel d'offres ait été lancé", explique le Palmipède. L'hebdomadaire satirique évoque également le coût de la soirée : "381.759 euros, dont 100.000 rien que pour l'hôtel, où la moindre chambre était facturée plus de 300 euros la nuit".

  • 213 mars : ouverture d'une enquête préliminaire pour "favoritisme", "complicité et recel de favoritisme"

    Le parquet de Paris ouvre une enquête préliminaire pour "favoritisme", "complicité et recel de favoritisme" suite à un signalement de l'Inspection Générale des Finances. Cette dernière avait été saisie en décembre 2016 par le ministre de l'Economie Michel Sapin pour un rapport sur le dépacement d'Emmanuel Macron au Consumer Electronics Show de Las Vegas.

  • 327 juin : la procédure d'appel d'offres de Business France mise en cause par un rapport confidentiel

    Libération révèle un rapport confidentiel rendu 6 mois après la soirée par le cabinet d’audit d’EY. Ce dernier conclut notamment que si Business France s’était plié à une procédure d’appel d’offres (obligatoire à partir de 207 000 euros), "il n’aurait pas été possible d’organiser la soirée dans le délai imparti. La procédure formalisée nécessite un délai de 52 à 77 jours. (…) La sélection des prestataires n’aurait été effective que début janvier".

  • 43 juillet : Muriel Pénicaud présente une synthèse tronquée de l'audit d'EY au conseil d’administration de Business France

    Libération met à mal la défense de l'actuelle ministre du Travail en affirmant que cette dernière, alors dirigeante de Business France, a présenté au conseil d'administration de l'établissement public une synthèse tronquée de l'audit du cabinet EY, synthèse qui, toujours selon Libération gomme les risques judiciaires de l'affaire.

  • 57 juillet : ouverture d'une information judiciaire pour "favoritisme" et "recel de favoritisme"

    Dans la lignée de l'enquête préliminaire ouverte en mars 2017, le parquet de Paris ouvre une information judiciaire pour "favoritisme" et "recel de favoritisme contre personne non dénommée". Dans un communiqué, Muriel Pénicaud "prend acte" de l'ouverture de cette information judiciaire et précise : "Je maintiens avec la plus grande fermeté que je n’ai rien à me reprocher".

  • 612 juillet : révélation d'un deuxième audit internet d'EY

    Le Canard Enchaîné révèle un deuxième audit interne réalisé en septembre 2016 par le cabinet EY sur le déplacement au Consumer Electronics Show de Las Vegas. Le Palmipède cite ce rapport où on peut notamment lire : "Il ressort des échanges mails que Mme Bothy-Chesneau (directrice de la communication de Business France et organisatrice de l'événement) n'avait initialement pas envisagé de mettre en concurrence l'agence de presse (Havas)".

  • 714 juillet : "Mme Pénicaud avait exactement le même niveau de connaissance que moi des montants engagés et des modalités d’organisation"

    Le Monde cite des extraits de l'audition devant les enquêteurs de la police judiciaire le 21 juin dernier de Fabienne Bothy-Chesneau, l’ancienne directrice de la communication de Business France. Cette dernière aurait notamment déclaré : "Je conteste le fait d’avoir commis une irrégularité, ce d’autant que je ne suis pas une spécialiste des marchés publics. (…) Mme Pénicaud avait exactement le même niveau de connaissance que moi des montants engagés et des modalités d’organisation".

  • 82 août : une mise en examen "probable" pour l'ex-directrice ajointe de Business France

    Le Canard enchaîné affirme que l'ex-directrice adjointe de Business France devrait être convoquée chez les juges "dès les premiers jours de septembre" par les magistrats en vue d'une "probable" mise en examen.

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter