Affaire Bygmalion : Jean-François chopé ?

Politique

COPEGATE – Après les révélation de Liberation, Jean-François Copé est de nouveau mis en cause dans l'affaire Bygmalion. Il est accusé d'avoir commandé 20 millions d'euros de prestations à sa société amie. Certaines conférences pourraient même ne jamais avoir existé. Si le patron de l'UMP conteste toujours ces accusations, sa ligne de défense est de plus en plus mise à mal.

"Jean-François Copé est tellement grillé que je n’ai même pas envie de commenter ces révélations", soupire, consterné, un député UMP auprès de metronews. Ces propos traduisent l'ambiance délétère au sein du parti après les informations publiées jeudi par Libération . Selon le quotidien, l'UMP aurait versé environ 20 millions d'euros, entre janvier et juin 2012, à la société de communication Bygmalion, dirigée par des proches de Jean-François Copé. Une somme très rondelette, mais ce n'est pas le plus grave : certaines prestations payées n'auraient en réalité jamais existé.

Le 30 mai 2012 par exemple, soit trois semaines après la défaite de Nicolas Sarkozy, "une conférence sur l'accès au crédit" est organisée pour la modique somme de 299.000 euros. Problème, les traces de cette prestation sont introuvables et Pierre Lellouche, censé en être le principal intervenant, assure ne jamais y avoir participé. " Je le répète, je n'ai pas participé à cette conférence. Et j'ai saisi mon avocat pour avoir des explications là-dessus", confirme à metronews le député UMP en déplacement jeudi à Bratislava.

"Il ne tiendra pas longtemps"

"Je ne suis dupe de rien, ni moi, ni personne à l'UMP", a immédiatement contre-attaqué Jean-François Copé, évoquant une manipulation à l'approche de nouvelles élections. "On approche des européennes", a dit l'ancien ministre. "On nous a fait ça avant les municipales avec les mêmes allégations, le tout mélangé, amalgamé, mal vérifié".

En février dernier, le député et maire de Meaux avait adopté la même ligne de défense accusant Le Point de vouloir s'acharner sur lui. Tout en déposant une plainte contre l'hebdomadaire, il promettait le dépôt, "dans les plus brefs délais", d'une loi à l’Assemblée sur la transparence des pièces comptables des partis. "Il a promis ces lois, mais il n'en a plus jamais parlé aux différentes réunions internes, c'est du pipeau", assure en off un cadre du parti. Contacté par metronews, l'UMP assure toutefois que Jean-François Copé les déposera finalement bien en juin prochain.

Au sein de son parti, la contre-attaque de Jean-François Copé peine à convaincre. Certains, à l'instar de l'UMP Valérie Pécresse, exigent maintenant d'en savoir plus . Quand d'autres pensent le patron de l'UMP déjà condamné. "Il a beau jouer la victimisation, il y a un ras-le-bol général. Le fait que le nom de certains élus, comme celui de Pierre Lellouche, apparaisse va de toute façon faire éclater tout cela, il ne tiendra pas longtemps", prédit un député du camp Fillon où l'on attend qu'une occasion de précipiter sa chute.

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