Affaire Bygmalion : la défense de Nicolas Sarkozy mise à mal

Affaire Bygmalion : la défense de Nicolas Sarkozy mise à mal

JUSTE PRIX - L'ancien chef de l’Etat, Nicolas Sarkozy, avait affirmé que la société Bygmalion avait surfacturé des prestations pour s'enrichir lors de sa campagne présidentielle en 2012. Les conclusions d’une expertise financière datée du 18 avril accréditent au contraire que les prix pratiqués étaient normaux.

Nouvel élément dans l’affaire Bygmalion. Une expertise financière datée du 18 avril estime que la société qui a organisé des meetings pour la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2012 n’a pas surfacturé ses prestations, comme le révèle le magazine Marianne . Un argument qui compose pourtant la défense de l’ancien chef de l’Etat pour expliquer le dépassement de ses dépenses de campagne. Explications. 

► Le contexte
C’est en février 2014 que Bygmalion, entreprise créée par deux proches de Jean-François Copé, a été pointée du doigt. En cause : la surfacturation de certaines de ses prestations à l'UMP lors de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2012. En février dernier, lors de sa mise en examen devant le juge d'instruction, l'ancien chef de l'Etat avait soutenu que les coûts de sa campagne avaient été maîtrisés. Et que, si fraude il y avait eu, elle ne concernait que les patrons de Bygmalion, des proches de Jean-François Copé, et l'UMP, dirigée à l'époque par Jean-François Copé lui-même.

► Le but de cette expertise
Le rapport a permis d'éclairer les juges dans leur enquête sur ce système présumé de fausses factures qui aurait permis d'imputer à l'UMP quelque 18 millions d'euros de dépenses de meeting du candidat de parti pour la présidentielle. Une somme qui aurait pourtant dû figurer sur les comptes de campagnes. De leur côté, des responsables de la société événementielle ont reconnu avoir participé à cette fraude, mais à la demande de l'UMP car, sans cette manœuvre, le budget de la campagne aurait explosé le plafond légal fixé à 22,5 millions.

► Les conclusions
Selon l'expert, les prestations de Bygmalion étaient bien réelles et correspondaient à des frais de campagne. Autrement dit, il n'y a pas eu d'enrichissement de la part des patrons de la société de communication. C’est en comparant la marge réalisée par la filiale événementielle de Bygmalion, Event & Compagnie et les prix facturés par ses sous-traitants, que le couperet est tombé. Selon Marianne qui a pu consulter intégralement ce rapport d’expertises , "la marge brute d'Event & Compagnie, d’environ 27,4% pour les prestations fournies au cours de la campagne de Nicolas Sarkozy, est comparable à la marge brute du secteur comprise entre 25 % et 35%". Plus intéressant encore sont les détails de la comptabilité de Bygmalion sur trois années : 2012 est ainsi l'année où la marge de sa filiale Event & Compagnie est la plus faible. Cela conforte donc l'idée d'une campagne au coût exorbitant. Par conséquent, l'organisation de 48 meetings pour la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy a permis de gonfler fortement le chiffre d'affaires de Bygmalion. 

► Les rebondissements dans l’affaire
Ces conclusions des 140 pages d'expertise portent donc un sérieux coup à la défense de l'ancien président. La responsabilité de la société dans les dépassements de frais de campagne s'éloigne donc. Et c'est à nouveau Nicolas Sarkozy, son équipe ainsi que les responsables de l'ex-UMP qui reviennent au cœur de tous les soupçons. La gourmandise du candidat a bien fait exploser le plafond légal des dépenses, le double des 22,5 millions d'euros autorisés. Alors que Nicolas Sarkozy a été mis en examen pour financement illégal de sa campagne en février, ces expertises viennent encore conforter les soupçons du juge.

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