Affaire Bygmalion : Nicolas Sarkozy a-t-il menti au JT de France 2 ?

Affaire Bygmalion : Nicolas Sarkozy a-t-il menti au JT de France 2 ?

POLITIQUE – Une enquête préliminaire, que s'est procurée "Le Monde", met en cause Nicolas Sarkozy. La police s'interroge sur le rôle du candidat à l'élection présidentielle de 2012 dans le système de fausses factures mis au point à l'UMP.

Nicolas Sarkozy ne savait rien de l'affaire Bygmalion. C'est du moins ce qu'il a clamé sur France 2 , dimanche. "J'ai appris le nom de Bygmalion longtemps après la présidentielle", s'est-il défendu, interrogé par Laurent Delahousse. Pourtant, des informations du Monde attestent du contraire. L'ex-président et candidat à la fonction suprême en 2012 aurait été informé avant même le second tour de l'élection présidentielle de l'état catastrophique de ses finances. Selon le quotidien du soir, qui a eu accès aux résultats de l'enquête préliminaire - à l'issue de laquelle le parquet a requis l'ouverture d'une information judiciaire pour "faux et usage de faux", "abus de confiance" et "tentative d'escroquerie" - Nicolas Sarkozy ne pouvait ignorer le système occulte destiné à couvrir ses dépenses excessives . Les enquêteurs chiffrent le montant de ces fausses factures à plus de 18,5 millions d'euros.

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Selon le rapport de l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales, "ces fausses factures étaient confectionnées à la demande de l'UMP, en raison de l'impossibilité de faire figurer le coût réel de ces meetings dans le compte de campagne de Nicolas Sarkozy. Les participants à ces faits, les responsables de Event et Cie, de l'UMP et de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, semblent inextricablement liés les uns aux autres dans la décision d'établir ces fausses factures."

La note de l'expert-comptable

Des "investigations complémentaires" vont être menées pour déterminer avec précision ce que savait Nicolas Sarkozy. Mais les enquêteurs ont également saisi une note de l'expert-comptable, signataire du compte de campagne. Elle est adressée le 26 avril 2012 au "candidat Nicolas Sarkozy". Il y donne le chiffre des dépenses prévisionnelles ou engagées à la date du premier tour, soit 18 399 000 euros, un montant "supérieur à celui budgété dernièrement (16 243 000 euros) et au plafond des dépenses requises pour le premier tour (16 851 000 euros)". Ce qui signifie qu'il n'existait plus "aucune marge de sécurité" en vue du second tour. Le comptable souligne même "les conséquences extrêmement graves d'un éventuel dépassement du plafond des dépenses électorales".

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Pourtant, lors de son audition en garde à vue, le 17 juin, Jérôme Lavrilleux , qui avait reconnu un "dérapage" dans la campagne du candidat de l'UMP en 2012, a dédouané l'ancien candidat : "Je n'ai jamais évoqué ce sujet avec Nicolas Sarkozy. A mon avis, il est impossible qu'il en ait été informé."

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